Homélies pour des funérailles


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Obsèques de Germaine ROUL, 79 ans


1 Co 15, 20-28 ;  Ps 41-42 ; Mt 5, 1-12



« Le dernier ennemi qui sera anéanti, c’est la mort. » C’est ce qu’écrit Saint Paul dans sa première lettre aux Corinthiens.

Ça n’a l’air de rien, mais en choisissant de nous faire entendre ce texte pour sa sépulture, Germaine nous donne une belle preuve d’espérance ! Elle qui, depuis une dizaine d’années, avait perdu le goût de la vie, voilà qu’elle nous quitte en nous rappelant combien son attachement à Dieu était puissant, malgré les apparences. L’espérance en cette vie plus forte que la mort, la mort comme l’ennemie ultime, celle qui sera anéantie, finalement, par la puissance de Dieu. 

C’est une preuve d’espérance, et aussi la marque d’une grande foi. Car il faut une foi solide pour affirmer avec Saint Paul dans ce même passage : « de même que tous les hommes meurent en Adam, de même c’est dans le Christ que tous recevront la vie ». Croire envers et contre tout que Jésus, c’est la Vie ; continuer de croire malgré la souffrance, malgré la maladie. Depuis longtemps, Germaine avait perdu une grande partie de ses forces physiques, et aussi de ses forces morales en raison de sa dépression, mais elle avait gardé sa force spirituelle. Sa situation me fait penser à celle de Job qui, dépossédé de tout, placé dans la déchéance la plus totale, continuait de croire en Dieu, de lui faire confiance et de le louer, sûr de son amour et certain de sa fidélité. Et la fin de l’histoire du livre de Job va lui donner raison : Dieu lui redonnera l’abondance de sa grâce, avec la richesse, la paix, l’amour et les amitiés qui font la joie de toute vie humaine.

Germaine a donc vécu la foi et l’espérance… et aussi la charité. Nous qui sommes présents aujourd’hui pour l’accompagner dans son passage vers le Père, si nous l’avons connue, c’est parce que sa charité nous a atteint, à un moment ou à un autre. Que nous ayons travaillé avec elle à l’accompagnement de personnes en difficulté, particulièrement les étrangers nouvellement arrivés en France, ou que nous ayons été nous-mêmes bénéficiaires de son dévouement, nous savons combien elle a pu être d’un grand secours par son engagement auprès des nécessiteux. 

La foi, l’espérance et la charité. Les trois piliers de la vie chrétienne, que chacun de nous, si nous sommes croyants, doit s’efforcer de pratiquer, de mettre en œuvre dans son quotidien, chacun à sa manière, chacun à sa place, chacun selon ses capacités. La foi, l’espérance et la charité, trois lignes directrices qui constituent, ensemble, le trésor du christianisme. Et pour suivre ces directions, pour profiter pleinement de ce trésor, quel plus beau programme que les Béatitudes que Jésus nous révèle ! 

Heureux les pauvres de coeur… Heureux les doux… Heureux les coeurs purs, ceux qui ont faim et soif de justice ; heureux les artisans de paix… Germaine nous rappelle ce programme qui énonce les vertus de Jésus lui-même, qu’il nous propose de mettre en pratique pour que nous puissions goûter au bonheur qu’il y a à essayer de l’imiter. 

Ses dix dernières années, Germaine les a passées dans la tourmente. Les paroles du psaume 41 que nous avons entendu tout à l’heure semblent entrer en résonance avec l’angoisse qui habitait son âme : « Pourquoi te désoler, ô mon âme, et gémir sur moi ? Espère en Dieu ! De nouveau je rendrai grâce : il est mon sauveur et mon Dieu ! » Angoisse et espérance en même temps, impatience et persévérance dans la prière ; Germaine était tiraillée entre ces contradictions. 

Mais ce qui a marqué ceux qui l’ont côtoyé, c’est son impatience à rencontrer son Seigneur. Son cri était celui de ce psaume : « Mon âme a soif du Dieu vivant ! Quand le verrai-je face à face ? » 

Ce temps de la rencontre est venu. Germaine est maintenant en route vers Celui qu’elle a si longtemps attendu. Souhaitons-lui de connaître désormais la joie, elle qui évoquait son espérance par ces mots : 

« La mort c’est entrer dans la joie de Dieu »


Amen !


Daniel BICHET, diacre

Clisson, 

Paroisse Sainte Maire du Val de Sèvre

8 juillet 2026