Au pas des catéchumènes, Dieu lui-même vient à notre rencontre sur le chemin du Carême qui nous conduit à Pâques. Nous sommes déjà à la mi-carême ! Jour de fête et jour de joie ! Un dimanche dont le rose liturgique évoque les lueurs de l’aube, dans la lumière du jour qui monte doucement. Revenons rapidement sur le chemin déjà parcouru. Rappelons-nous comment nous y sommes arrivés le mercredi des cendres, avec une invitation à ajuster notre relation à nous-mêmes par le jeûne, notre relation aux autres par le partage et notre relation à Dieu par la prière. Après avoir découvert la fidélité de Dieu à son alliance malgré le péché de l’homme, après avoir entendu les appels de Dieu à le suivre sur des routes incertaines , nous avançons vers le baptême qui nous plonge dans la vie-même de Dieu et qui nous fait passer des ténèbres à la lumière. Dimanche dernier, nous avons entendu comment l’eau se transforme en source jaillissante pour la vie éternelle. Aujourd’hui, nous retrouvons deux autres signes du sacrement de baptême : l’onction et la lumière.
L’onction :
Dans le premier récit que nous avons entendu, Dieu envoie Samuel chercher un roi pour son peuple parmi les fils de Jessé. Dès qu’il aperçut Eliab, Samuel se dit : « Sûrement, c’est lui le messie, lui qui recevra l’onction du Seigneur. » Mais Dieu lui demande de ne pas se fier aux apparences. Et il écarte successivement tous les fils présents dans la maison de leur père. C’est finalement le plus petit que Dieu envoie chercher. Son regard s’est porté vers le petit berger oublié près du troupeau. Il en révèle la beauté insoupçonnée. Et c’est lui qui recevra l’onction royale devant ses frères. En effet ! Dieu n’oublie pas les petits dont il perçoit la richesse.
La lumière :
En sortant du temple, Jésus voit un homme sur son passage. Cet homme est un pauvre. Aveugle de naissance, il se tient là pour mendier et vivre. Pour répondre à ses disciples qui l’interrogent, Jésus a une parole surprenante. Il s’inscrit à contre-courant de la pensée de l’époque sur le lien entre péché et handicap. Il déclare que les œuvres de Dieu vont se manifester en cet homme exclu de la société. Jésus se présente comme la lumière du monde. L’aveugle ne dit rien, il ne demande rien. Mais, sans plus attendre, Jésus passe à l’action. Il fait de la boue avec un peu de salive et l’applique sur les yeux de l’aveugle. Il l’envoie, accompagné sans doute, se laver à la piscine. Il lui demande une contribution personnelle. L’aveugle y alla donc et il se lava ; quand il revint, il voyait. A partir de ce moment du récit, l’homme parle. D’abord aux voisins qui jusque-là parlaient de lui sans le regarder… puis aux pharisiens auxquels on l’a amené… une seconde fois aux pharisiens qui l’ont convoqué, qui se mettent à l’injurier et finissent par le rejeter… et enfin à Jésus qui, a appris son exclusion et revient vers lui.
Depuis qu’il voit (voir est utilisé à 12 reprises), l’ancien aveugle découvre progressivement l’identité de celui qui lui a ouvert les yeux. (Cette expression revient à 7 reprises). Il en parle d’abord comme d’un homme qu’on appelle Jésus. Puis il déclare : C’est un prophète. Ensuite, il comprend et il dit aux pharisiens que ce prophète vient de Dieu. Enfin il reconnaît en Jésus le Fils de l’Homme auquel il répond en se prosternant devant lui : « Je crois Seigneur ! »
Venant d’un mendiant, cette découverte progressive de l’identité de Jésus éclaire l’affirmation du pape Léon XIV dans son exhortation apostolique « Dilexi te » - Je cite : « Ayant grandi dans une extrême précarité, apprenant à survivre dans les conditions les plus défavorables, faisant confiance à Dieu avec la certitude que personne d’autre ne les prend aux sérieux, […] les pauvres ont appris beaucoup de choses qu’ils gardent dans le mystère de leur cœur. » - Fin de citation. C’est pourquoi, comme l’avait déjà écrit le pape François : « Il est nécessaire que tous nous nous laissions évangéliser par les pauvres ».
Après
des années passées dans les ténèbres, l’ancien aveugle a découvert la
lumière. Rappelons-nous les paroles de Jésus au début de ce
récit ! : « Aussi longtemps que je suis dans le monde,
je suis la lumière du monde ». Dès lors, nous pouvons mieux
entendre et accueillir les paroles de Paul aux Ephésiens « Autrefois,
vous étiez ténèbres ; maintenant, dans le Seigneur, vous êtes
lumière […] Conduisez-vous comme des enfants de lumière ».
Pour la première semaine de Carême, le Père Michel nous avait invité à
noter chaque jour une parole de Dieu. Pour la seconde semaine, le Père
Alain nous a proposé de dégager 15 à 30 minutes chaque jour pour Dieu.
Pour la troisième semaine, le Père Louis nous invite à prier plus
intensément pour les catéchumènes et les confirmands. Pour la semaine
qui vient,
Je vous suggère de rendre une ou deux visites entièrement gratuites à des personnes qui en ont besoin mais qui ne vous le diront pas. Visite à domicile ou par téléphone pour transmettre un peu de la joie et de la lumière que Dieu nous apporte à profusion si nous savons les accueillir et en témoigner.
Poursuivons notre route vers Pâques en écoutant le silence des pauvres en travers sur notre passage, en ouvrant l’oreille à la clameur des malheureux qui souffrent de la violence dans le monde. Poursuivons notre route vers Pâques en accueillant Dieu qui vient nous visiter par sa parole et partager son pain de vie. Rendons-lui grâce et bénissons son nom.
Hubert PLOQUIN, diacre permanent
Paroisse des Bienheureux Célestin et Michel en Val de Cens
Eglises : Sainte Bernadette - Saint Léger - Saint Philippe et Saint Jacques
15 mars 2026
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