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3° dimanche de carême.


Ex 17, 3-7 ; Ps 94 1,9 ; RM 5, 1-2. 5-8 ; JN 4, 5-42


Frères et sœurs, la phase que nous avons choisi pour ce troisième dimanche de carême traverse toutes les lectures de ce dimanche : où adorer ? Faut-il une montagne spéciale ?  Une église particulière ?  Un endroit plus “efficace” que les autres ? Si c’était une question de GPS, Jésus nous aurait donné une adresse précise !
 Mais il nous répond autrement. Où rencontrer Dieu ? Où trouver l’eau qui étanche vraiment notre soif ? Dans le livre de l’Exode, le peuple d’Israël a soif dans le désert et il fait ce que nous faisons tous très bien… il râle ! « Pourquoi nous as-tu fait sortir d’Égypte ? » On dirait parfois nos propres phrases : “Pourquoi moi ?” “Pourquoi cette épreuve ?” “Seigneur, tu es sûr que tu t’occupes de tout et est tu bien présent avec nous ? Ce lieu est appelé Massa et Mériba – épreuve et querelle. Le désert devient un lieu de doute… mais aussi un lieu de miracle : Mais c’est précisément là que Dieu fait jaillir l’eau du rocher.  Déjà une première réponse à notre question : On adore Dieu même dans le désert. Même quand tout semble sec dans notre vie. Concrètement : Où et comment adorer quand je perds mon travail ? Où et comment adorer quand la maladie ou une épreuve frappe ma famille ? Où et comment adorer quand je traverse un échec ?  On adore précisément ici dans ce désert-là, celui de notre vie. Non pas en accusant Dieu, mais en lui parlant, comme Moïse qui crie vers le Seigneur. L’adoration commence quand je dis : « Seigneur, j’ai soif… viens à mon secours. »   Le psaume nous dit : « Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur. » Le vrai problème du désert n’est pas le manque d’eau… c’est la fermeture du cœur. On peut être à l’église et avoir le cœur fermé. On peut être en pleine difficulté et avoir le cœur ouvert.  Un exemple simple : Quand je prends 5 minutes le matin pour dire merci à Dieu pour ce que je vais vivre aujourd’hui, pour toutes les personnes que je vais rencontrer.  Quand je pardonne au lieu de nourrir la rancune.  Quand je choisis de faire confiance plutôt que de me plaindre. Là, j’adore vraiment le Seigneur. Saint Paul nous dit dans la lettre aux Romains « L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint. »  L’adoration ne commence pas par ce que nous faisons pour Dieu mais commence en se laissant aimer par Dieu. Le Christ est mort POUR nous.... alors que nous étions pécheurs. Parfois nous croyons que pour adorer, il faut être parfait. Saint Paul nous dit : « L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs. »  Dieu ne dit pas :
 “Quand tu seras parfait, je viendrai.” Il dit :  “Je viens maintenant.” Même si nous sommes encore en chantier.  Et parfois… c’est un très gros chantier ! Mais Dieu vient à nous alors que nous sommes encore faibles. Quand je viens prier même si je me sens indigne. Quand je me confesse après une chute. Quand j’accepte que Dieu m’aime tel que je suis, pour me transformer. C’est déjà de l’adoration.  

Dans l’Évangile selon saint Jean, Jésus rencontre la Samaritaine au puits. Elle pose la grande question : Faut-il adorer sur cette montagne où à Jérusalem ? Autrement dit : où est le bon endroit ? Jésus répond :
 « L’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité. » Voilà la réponse :  Ce n’est plus une question de lieu géographique.
C’est une question de vérité du cœur.  On peut être à Jérusalem et ne pas adorer. On peut être au bord d’un puits, à midi, fatigué, pécheur… et rencontrer Dieu. 

La Samaritaine était : Une femme marginalisée au passé compliqué, venue à midi pour éviter les autres, et c’est là que Jésus l’attend. Où adorer ?  dans ma cuisine, quand je prépare le repas avec amour pour ma famille. Dans mon travail, quand je fais mon devoir honnêtement. À l’hôpital, en tenant la main d’un malade. Dans le silence d’une chapelle devant le Saint-Sacrement. Dans un bus, en récitant intérieurement un “Je vous salue Marie”. Dans un conflit, en choisissant la paix plutôt que la violence. On adore chaque fois que l’on fait la volonté du Père, comme Jésus qui dit : « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé. » Un détail magnifique : La Samaritaine laisse sa cruche. Elle venait chercher de l’eau ordinaire. Elle repart avec une source intérieure, et elle devient missionnaire. Quand on adore en esprit et en vérité, on travail chaque jour pour  laisser derrière nous : la rancune, le péché, les fausses sécurités, les dépendances de toutes sortes, les idoles ; car oui, la vraie question est peut-être aussi : Qu’est-ce que j’adore vraiment ? L’argent ? Le regard des autres ? Mon orgueil ?  Mon téléphone ? Mon confort ? On adore toujours quelque chose. La question est : qui est au centre de ma vie ?  Frères et sœurs, Le désert, le rocher, le puits… Tout nous conduit à cette vérité : Dieu n’attend pas un lieu parfait. Il cherche un cœur disponible. Alors aujourd’hui, entendons cette parole : Où adorer ? Dans mon désert ? Dans ma faiblesse ? Dans ma maison ? À l’église ? Dans la vérité de ma vie ? Car Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et en vérité qu’ils doivent l’adorer.

Amen.


Tony AUBERT, diacre permanent

Paroisse Sainte Marie en Pays d’Ancenis (44)

8 mars 2026



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