Nous
sommes le 3ème
dimanche du carême traditionnellement réservé à un temps mémoriel pour
les victimes Je suis diacre référent pour la prévention dans notre
diocèse. Je vais parler dans un langage adapté aux enfants, avec
quelques messages qui concernent la prévention. Parler à partir du
texte, dont ce n’est pas bien sûr la seule lecture. Je serai plus direct
dans l’intervention qui est prévue le 18 mars à 20h30.
Vous pouvez aussi visiter le site du diocèse qui donne accès à quelques
ressources
Jésus
parle à la samaritaine, et cela la surprend : d’habitude les juifs
ne "fréquentent pas les samaritains" Même ses disciples "étaient surpris
de le voir parler avec une femme"
Donc cette discussion n’était pas une évidence, ils auraient simplement
dû se croiser sans parler. Ils appartiennent à deux catégories qui
n’acceptent pas de se parler. Cela nous interroge sur la façon dont nous
regardons les gens, les groupes de gens. S’agit-il de personnes que je
regarde de haut ou de loin ? Ou, comme nous le demande Jésus, de
frères à aimer ? Parce que abuser des gens commence avec la façon
dont nous les regardons, avec la façon dont nous en parlons entre nous.
A quel moment s’arrête la bienveillance vis-à-vis du frère, à quel
moment commence le mépris et le manque de considération.
Est-ce qu’on peut dire "il appartient à tel groupe, donc je ne lui parle pas" ? Non bien sûr !
Et
Jésus engage le dialogue par une demande.
Il "n’a rien pour puiser", il lui demande un service, il montre qu’il ne
se place pas au-dessus
La samaritaine voit cela, alors elle poursuit la conversation et finit par lui livrer quelque chose qu’elle avait en elle, comme un secret qu’elle n’avait sans doute jamais dit à personne, parce que là, elle sait qu’elle a une chance d’être comprise (je vois que tu es un prophète)
Pour dire un secret il faut avoir confiance / Mais alors si on le dit, ce n’est plus un secret ?
->
Un bon secret : l’anniversaire de Maman, je sais où sont les
cadeaux, bonne surprise …
Celui-là,
il faut le garder jusqu’à ce qu’il soit révélé dans la joie familiale.
->
Un mauvais secret : quelque chose qui me met mal à l’aise, et il
faudrait faire quelque chose.
Il est important de parler de ce (mauvais) secret à quelqu’un en qui on
peut avoir confiance, pour savoir si j’ai raison d’être mal à l’aise ou
non, pour être protégé et que les autres le soient (qui peuvent être mon
petit frère ou ma petite sœur)
Mais qu’est-ce qui peut nous mettre mal à l’aise ? Et ce n’est pas mal de ressentir cela.
Quelqu’un qui me considère comme son chouchou de façon exagérée, et je ne sais pas bien comment me situer par rapport aux autres qui ne le sont pas
Ou alors quelqu’un qui n’arrête pas de s’en prendre à moi
Ou
encore quelqu’un de très bien considéré, mais que je vois faire quelque
chose de mal
=> ne pas mettre quelqu’un sur un piédestal – on doit pouvoir
critiquer tout le monde, avec respect pour la personne, mais avec la
liberté d’écouter notre conscience
Cela peut aussi être un tel secret confié par un ami qui a confiance en moi
=>
Alors il est important d’avoir quelqu’un à qui je sais que je peux
parler de cela, qui va me croire. La principale peur des victimes,
en effet est de ne pas être crues.
Nous, adultes, il faut donc créer les conditions pour que les enfants
aient cette confiance, qu’ils sachent que nous pouvons 1. accueillir
cette parole, 2. la croire et 3. agir s’il le faut
Sinon pour eux, le prix à payer pour parler sera trop important et
ils ne le feront pas
Parfois ce qu’il faut faire nous dépasse, ne pas hésiter à demander de
l’aide à un professionnel
Jésus
échange aussi un secret avec elle : il est le Messie, c’est la
première fois qu’il le dit !
Il est libre, pas obligé de le dire. C’est vraiment étonnant qu’il le
dise à une étrangère, non ?
Jésus voit qu’elle peut l’entendre et lui livre ce qu’il a au plus
profond de lui.
A notre tour, ouvrons notre cœur pour qu’il soit capable d’entendre ce
que le Seigneur veut nous dire aujourd’hui.
Philippe DUTHOIT, diacre permanent
Diocèse de Versailles - paroisse St Michel
8 mars 2026