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7° dimanche de Pâques.


Ac 1, 12-14 - Ps 26 (27), 1, 4, 7-8 - 1 P 4, 13-16 - Jn 17, 1b-11a


Une petite confidence : quand j’ai découvert le passage d’Évangile de ce 7ème dimanche de Pâques, j’aurais bien aimé passer mon tour d’homélie, et je me suis vraiment demandé :

« Par quel bout le prendre » ?


Alors, je me suis mis à compter les mots qui reviennent le plus ; j’ai compté 10 fois le pronom « TOI » (de Jésus à son Père) et 10 fois le verbe « DONNER ». 


C’est peut-être une clé de lecture :

 Jésus s’adresse à Dieu dans une prière d’action de grâce, et de demande. Les exégètes appellent cette prière du Fils au Père : la « prière sacerdotale ». Nous en avons entendu la 1ère partie.


Pour situer le contexte, c’est un flash-back au soir de la Cène, le jeudi Saint ; Jésus s’est adressé à ses disciples dans un long discours sur le Pain de Vie ; puis il leur a lavé les pieds, Judas est sorti, et Jésus adresse maintenant sa prière à son Père, et il prie pour ses disciples.


Je retiens donc deux mouvements dans cette prière :

1er mouvement : Jésus prie le Père

C’est comme un cœur à cœur, du Fils vers le Père. 


Jésus prie son Père, et nous entrons dans leur intimité ; ils sont deux, et ils sont en totale communion, 

Comme la source et le fleuve ne font qu’un.

Dans le Credo de Nicée-Constantinople, nous disons que le Fils est consubstantiel au Père. Consubstantiel : c’est un mot qui commence mal…mais qui finit bien ! Cela veut dire que le Père et le Fils sont parfaitement unis, tout en étant deux. 

C’est parce qu’ils sont un « Toi et Moi » qu’une relation d’amour peut exister.

C’est cette relation d’amour, cette intimité totale, que Jésus veut partager avec ses disciples dans sa prière.


2ème mouvement de cette prière : 


Jésus ne prie pas pour lui-même, il prie pour ses disciples qui sont dans le monde, il prie pour nous. 

Sachant qu’il allait vers sa Passion, Jésus laisse son Testament.


Ses dernières paroles sont un passage de relais, C’est un testament en notre faveur. Jésus prie pour ce qui lui tient le plus à cœur : que ses disciples poursuivent sa mission dans le monde.


Jésus a réalisé l’œuvre de Dieu pendant les années de sa vie parmi les hommes. L’œuvre du Fils, c’est de donner Dieu aux hommes.

Il nous passe le relais, comme un entraineur qui a fait son travail, et qui fait confiance à ses disciples pour qu’ils deviennent disciples-missionnaires.

Jésus vit désormais auprès du Père, et il poursuit son œuvre de communion avec le Père, pour qu’à notre tour nous vivions en communion avec le Père, et avec nos frères. 

C’est notre mission, si nous l’acceptons.


En résumé, c’est finalement assez simple, cet Évangile :


Jésus nous partage tout ce qu’il a reçu du Père,

Parce que Jésus a foi en nous, non pas en l’homme en général, mais en chacun de nous en particulier.

Comme Jésus, et comme les Apôtres réunis au Cénacle (1ère Lecture) nous pouvons nous adresser à Dieu à toute heure du jour et de la nuit, 24h/24, et 7 jours / 7, chaque jour que Dieu fait !


C’est beaucoup plus facile de s’adresser directement à Dieu qu’au Président de la République, ou au Pape, ou à l’Evêque : nous avons la ligne directe de la prière, un forfait illimité, il suffit de dire : « Notre Père… »  Et nous entrons dans la même intimité que Jésus avec le Père : c’est la grande révélation de notre Foi. 

C’est le Don de Dieu aux hommes : faire de nous des filles et des fils.


C’est ça le vrai Pont de l’Ascension : un pont ouvert entre Terre et Ciel jusqu’à la Pentecôte, pour recevoir l’Esprit qui unit le Père au Fils.


Les anges ont dit aux Apôtres : « ne restez pas immobiles, avec les yeux tournés vers le Ciel ; retournez à Jérusalem et dans le monde »

Et Jésus a promis qu’il serait avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde. 

Alors, cette semaine, préparons-nous à recevoir le Don de l’Esprit-Saint, pour en vivre avec les autres, pour en vivre en frères comme il nous l’a commandé, chaque jour et chaque semaine.


Dieu a choisi d’avoir besoin de nous.

Nous sommes son cœur, ses yeux, ses oreilles, sa parole, et ses mains dans le monde.


Amen 


Emmanuel MÉRIAUX, diacre

Paroisse St Louis de Montfort

17 mai 2026 





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