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4° dimanche du Temps Ordinaire.

 

Dans l’évangile de Dimanche dernier, Jésus proclamait « Convertissez vous car le Royaume des Cieux est tout proche ». Ce dimanche, Jésus nous parle du chemin pour le Royaume des cieux, les Béatitudes, heureux, bienheureux !

Je ne sais pas si vous avez ressentila même chose que moi, mais quand j’écoute cet évangile, j’ai l’impression de voir la scène se dérouler devant moi : d’abord, Jésus, puis la foule qui le suit, le voir gravir la montagne, s’asseoir, ouvrir la bouche et nous instruire…

Les disciples sont les plus proches, puis la foule ; quand on parle de la foule, on parle forcément d’un nombre très important de personnes, une multitude, et à l’époque il n’y avait pas de micros, et encore moins de Sacristain pour les installer, donc on peut imaginer que ceux qui étaient proches, entendait très bien la parole de Jésus, et ceux qui étaient loin, voire très loin, sans doute, entendaient moins bien ce que Jésus partageait.  Cette foule, c’est un peu nous. Parfois nous sommes très à l’écoute de ce que nous dit Jésus, et parfois nous l’écoutons de loin, voire de très loin.

Je vous propose de nous rapprocher de Jésus. Béatitudes veut dire heureux, bienheureux ; les béatitudes nous dressent un portait spirituel du Chrétien, et surtout, Jésus nous parle de lui à travers les béatitudes, et du chemin pour être heureux, bienheureux.

Heureux les pauvres : il n’y avait pas plus pauvre que l’enfant Jésus dans la crèche.

Heureux si on vous insulte, si on vous persécute : il n y avait pas plus persécuté que Jésus sur la croix.

Dans les évangiles, Jésus a passé beaucoup de temps à être doux, miséricordieux, compatissant ; à pleurer avec ceux qui souffrent, à être un artisan de paix, à partager ce qui est juste, à pardonner, à accepter les persécutions, à être un cœur pur en accomplissant la volonté du Père jusque sur la croix.

Les béatitudes dessinent le chemin, celui que nous devons essayer de mettre en œuvre dans notre quotidien, malgré nos faiblesses, avec l’aide de Dieu. Bien sur que ce chemin n’est pas simple, mais ce n’est pas pour autant qu’il ne faut pas l’emprunter. Et comme pour tout chemin qui mène au sommet, il nous faut de la patience, de l’endurance et de l’humilité et de l’espérance.


Le chemin de plaine que nous propose le monde peut paraître plus accessible, plus simple, clairement plus attrayant. Les Béatitudes ne correspondent pas franchement à la définition du bonheur que l’on peut voir dans les médias, les magazines, sur internet. Nous devons nous libérer de ce que certains voudraient nous imposer comme image du bonheur. Ce qui compte, c’est le regard de Dieu, pas celui des Hommes.

« Heureux les pauvres » : avoir un cœur pauvre, c’est laisser la place totalement à Jésus, laisser entrer sa parole avec humilité pour puiser dans la force du Christ dans notre vie. Beaucoup sont tellement satisfaits des biens éphémères de ce monde, qu’ils n’ont plus de place pour laisser entrer Jésus, ou les autres. 

«Heureux les doux » : notre monde est souvent à l’opposé de la douceur, il faut être fort, le plus fort, cela ne sert que l’orgueil. Être doux n’est pas de la faiblesse, c’est être capable de ne pas blesser, d’être attentif à l’autre avec un sourire en ouvrant les bras de la tendresse.

« Heureux ceux qui pleurent » : le monde veut souvent nous dicter une posture d’indifférence, ne pas voir ceux qui souffrent, car cela risque de nuire au bonheur de salon que nous propose le monde. En fait, c’est tout le contraire, ceux qui pleurent ne doivent pas se cacher. Heureux celui qui accepte de se laisser consoler, malgré sa souffrance, par le Christ, comme celui qui se laisse toucher par l’émotion de l’autre et qui lui apporte son aide.

« Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice » : nous en avons beaucoup parlé pendant le temps de l’avent. C’est servir, se montrer solidaire, et essayer d’être juste en cherchant à imiter le Christ.

« Heureux les miséricordieux », c’est pardonner avec douceur, pardonner est une force, et c’est faire preuve de compassion vis à vis de l’autre avec bienveillance, sans jugement.

« Heureux les cœurs purs » : c’est éliminer de soi tout ce qui peut noircir son cœur, jalousie, calomnie, méchanceté, et nous laisser guider en étant certain de la pleine présence de Dieu dans nos vies.

« Heureux les artisans de paix » : c’est chercher dans nos petits actes du quotidien à réconcilier, plutôt qu’à diviser. L’artisan de paix procure la paix.


« Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, heureux si l’on vous insulte, si l’on vous persécute, et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous » : vivre les béatitudes est un chemin exigeant, et comme déjà partagé, on ne peut pas dire qu’il soit exactement le reflet de ce que notre société nous propose. Donc oui, nous pouvons être sujet à du questionnement, à de l’ironie, voire plus, mais gardons à l’esprit qu’à chaque fois, le Christ est avec nous. Il a donné sa vie pour nous sauver, et nous ne devons jamais l’oublier.

Avec les Béatitudes, le Christ nous fait une promesse, une promesse qui nous engage. Cette promesse, c’est l’avènement du Royaume de Dieu, et il ne tient qu’à nous de commencer à goûter au bonheur que nous offre le visage de Jésus, en étant des mendiants de son Amour. Oui, c’est un chemin engageant, mais c’est un chemin d’espérance, de joie et de consolation.

Et parfois, on peut se perdre en route, ce n’est pas grave, car Jésus comme une boussole, nous remet sur le chemin sans cesse, et même quand on se perd pendant des années comme moi.

 Jésus est la bonne nouvelle, les Béatitudes sont la bonne nouvelle, heureux, bienheureux ! 

Vous, chers jeunes qui cheminez vers la profession de foi, vous avez reçu cette bonne nouvelle, lisez la, écoutez la, aimez là, pratiquez la, et vous serez heureux, bienheureux !

Frère et sœur, je vous propose si vous le souhaitez, de prendre le temps de relire dans les jours à venir les béatitudes, et de voir celles qui résonnent en vous, qui vous touchent, et surtout pourquoi, et écouter ce qu’elle vous dit de Jésus.

Réjouissons nous et soyons dans l’allégresse, heureux, bienheureux !

Amen.



François PROUX, diacre permanent

St Lumine de Clisson et Clisson,

Paroisse Sainte Marie du Val de Sèvre

1er février 2026








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