C'est le début de la mission de Jésus mais tout ne se passe au mieux. Jésus vient d'être baptisé par Jean-Baptiste et de passer 40 jours au désert, une sorte de retraite pour s'approprier sa mission de Fils et commencer son évangélisation. Mais Jean-Baptiste est en prison et le tyran Hérode règne en barbare. Jésus ne s’opposera pas ouvertement à lui tout de suite. Sa mission : évangéliser. Et pour cela, il a besoin d'aide. Il retourne vers les territoires au nord de la Galilée, Zabulon et Nephtali, proches des païens, influencés par leurs croyances païennes. Confirmant ainsi le message annoncé par Isaïe plus de 700 ans avant la naissance de Jésus : « le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ». La lumière de la foi au Dieu vivant se révèle dès le début de la prédication de Jésus chez eux « convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle, au Royaume ». Décision d'autant plus forte que c'est là, dans ces lieux de « mauvaise réputation », que Jésus va appeler ses premiers disciples. Des collaborateurs qui deviendront ses plus proches apôtres Simon et André puis Jacques et Jean, de simples pêcheurs. Un métier peu recommandable à l’époque, car trop proche de la noirceur et du fond des eaux, porte des enfers.
Quel défi, quelle confiance, quel acte de foi en l’humanité ! Ces quatre-là ne sont pourtant pas des piliers de synagogue, ni des champions de la Bible ni même de la liturgie mais des hommes simples et ordinaires, comme nous. Non seulement il a confiance en eux mais il va les appeler à être des « pêcheurs d'hommes » pour qu’ils jettent les filets de la foi en Dieu et qu’ainsi le monde soit évangélisé. En commençant par ceux qui semblent être le plus loin, « aux périphéries » disait François. En effet il ne va pas vers les docteurs de la loi ni les pharisiens ni les scribes, tous ces bien-pensants… Il les sait sans doute trop engoncé dans leurs certitudes, leurs habitudes, leur pouvoir et surtout leurs revenus substantiels.
Cette façon de Jésus d’annoncer la Bonne Nouvelle, nous parle encore aujourd'hui : aucune situation, aucune personne n’est trop loin de Dieu pour ne pas recevoir son amour. Nous sommes tous invités par Jésus à prendre conscience de la proximité Dieu avec nous, avec chacun de nous, personnellement, de la force de son Esprit, de la Grâce de son amour qu’il offre, pour, à notre tour, être capable, dans l'ordinaire de nos vies si ordinaires, de témoigner de Jésus, de sa Parole, de son amour sans avoir peur de les mettre en pratique. Vivre à notre niveau, au cœur de notre vie, au milieu du monde le commandement qu'il nous a laissé « aimez-vous les uns les autres que je vous ai aimés ! »
Que nous soyons enfant, femme, homme, pauvre ou riche, jeune ou plus vieux, handicapé ou malade ou en bonne forme… Jésus fait à chacun pleinement confiance pour annoncer cet amour gratuit et une miséricorde infinie. Parfois, on peut se dire : « je ne sais pas » ou bien « je ne peux pas » parfois même « à quoi bon... » Mais nous ne sommes pas appelés à juger du résultat de notre mission mais simplement à annoncer le Royaume à tous en commençant par ceux qui en sont à la marge, en marge de la société, de l'Église, de l'école, du travail de la famille et de toutes ces choses qui excluent. Nous n'avons pas à juger mais à témoigner. C'est lui qui nous appelle, c'est lui qui nous rend capable comme Pierre, André, Jacques et Jean, d'être des disciples missionnaires de porter la lumière du Christ de son amour au-delà de nos lieux habituels de vie et de prière. Souvenons-nous, sans peur, que la mission n'est pas notre affaire personnelle mais d'abord celle du Seigneur. Il nous envoie mais c'est lui ! qui va gagner les cœurs qu'on va lui présenter. C'est lui ! qui va soigner et guérir les personnes que nous porterons dans la prière. C'est lui ! qui établit le Royaume de paix et d'amour sur le monde, qu’avec Lui, on aura continué à ensemencer.
Entre nous, frères et sœurs en Christ, il y a parfois des divergences, des incompréhensions, des refus et pourtant il n'y a qu'un seul commandement aimer et l'amour de Dieu du Christ ne peut pas s'accommoder d'arrangement de passe-droit, de limite ou d'exclusion. Ce n'est pas à nous de juger si, moi-même ou un autre, sommes dignes de recevoir l'amour de Dieu, Notre Père s'adresse à toutes, à tous et à chacun en particulier. Jésus est envoyé juger … et personne ne peux se targuer d’en connaître l’issue. Il nous faut, simplement, témoigner, dans le respect et la fraternité.
Bien sûr, cela nous oblige sans aucun doute à changer quelques habitudes, lâcher quelques freins qui m’empêche de rejoindre Jésus, et lui déposer mes peurs, mes paralysies. Comme Jésus, prions, prions souvent, prions intensément le maître de la moisson de nous aider à vivre notre mission, de convertir sans arrêt notre cœur à la rencontre qui ouvre aux relations fraternelles, signes et témoignages de l'amour qui est au fond de nous, déposé gracieusement et amoureusement par ce Père qui veut tous ses enfants heureux
Changer nos habitudes on peut le faire en venant cet après-midi vivre ce dimanche autrement à partir de 14h00 à Sainte-Luce pour passer ensemble, fraternellement et joyeusement ce temps gratuit qui fait tant de bien… vous pourriez me dire « ce n’est qu’une petite lumière » certes mais une petite lumière qui, avec tant d’autres, préfigure la lumière du Royaume. Car, comme le dit Paul, il n'y a qu'un seul véritable témoignage c'est celui porté avec le Christ.
Patrick DOUEZ, diacre permanent
Paroisse St Matthieu sur Loire (44)
25 janvier 2026