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30° dimanche du Temps Ordinaire.
 

  



(Ex. 22, 20-26 – 1Th1, 5c-10 ; Mt 22, 34-40)




        Rappelons-nous frères et sœurs, dimanche dernier, Jésus était confronté aux Pharisiens qui voulaient le piéger sur une question plutôt « terre à terre » : « Est-il permis de payer l’impôt à César ? »

Sans doute une façon pour eux de le mettre à l’épreuve en voulant le positionner comme soumis à l’occupant romain, voir comme n’ayant pas sa Place dans le Temple, tel un étranger qui ne connaîtrait par la Loi.

Mais Jésus ne se laisse pas impressionner et il leur répond de manière quelque peu cinglante, osant les traiter d’hypocrites ; On imagine alors ce que sera la réaction des Pharisiens !

Mais rapidement, comme pour déjouer le piège qui lui est tendu, Jésus demande à voir l’objet du débat, une pièce romaine à l’effigie de l’Empereur.

Nous connaissons la réponse qu’il a donné aux Pharisiens : « rendez donc à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. »

Je ne pense pas que dans cette réponse Jésus voulait à son tour piéger ceux qui le questionnent, je dirai plutôt qu’il voulait recentrer ce qu’est le pouvoir en rappelant celui qui est de Dieu, car il est lui-même celui qui est venu rendre à Dieu ce qui est à Dieu. Il s’agissait donc ici pour les Pharisiens de reconnaître en lui celui qui vient de Dieu, Celui « qui est Dieu ».


        Dans l’évangile de ce dimanche, c’est une autre question qui est posée à Jésus, et qui concerne cette fois-ci les préceptes sur les commandements, et plus précisément une question qui porte sur leur hiérarchisation. « Maître, dans la Loi quel est le grand commandement ? » 

Dans sa réponse, Jésus vient mettre en avant la question de l’unité de Dieu : comment en effet vouloir signifier notre union à Dieu ? Par quels préceptes, quels commandements pouvons-nous vivre de cette union ?

On sait que pour les Juifs de l’époque, c’est une question importante, voir fondamentale qui est posée ; elle est d’ailleurs largement débattue dans les milieux rabbiniques, et c’est certainement pourquoi elle ici posée à Jésus lui-même.

Il faut rappeler qu’aux premiers temps de l’Eglise, la Loi constituait en quelque sorte la référence pour le peuple juif, et en effet les juifs essayaient de l’appliquer rigoureusement, en s’inspirant des centaines de préceptes qui la composent ; on comptait ainsi 613 interdictions, prescriptions ou commandements.

Imaginons frères et sœurs les difficultés que nous aurions à vouloir répondre scrupuleusement à chacun de ces préceptes ! Sous réserve que nous les connaissions tous par cœur, il est fort probable que nous répondrions différemment à chacune de ces règles.

Dès lors, à cette question difficile et sensible, Jésus qui connaît la Loi ne donne pas une mais deux réponses :


        Jésus donne deux réponses car pour lui celles-ci sont liées, comme indissociables ; elles sont liées car elles font écho à deux préceptes inscrits dans l’Ancien Testament : 


        Le premier se trouve dans le Livre du Deutéronome lorsque Moïse évoque le Seigneur qui est Un :

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de tout ton être, de toute ta force » c’est le verset 5 au chapitre 6.

Le deuxième se situe dans le Livre du Lévitique, dans un passage où le Seigneur Dieu dialogue avec Moïse sur la nécessité d’observer ses sabbats : 

« C’est ainsi que tu aimeras ton prochain comme toi-même » verset 18 au chapitre 19.

Ainsi Jésus qui connaît la Loi et les prophètes prend acte des désaccords qui subsistent entre les premières communautés chrétiennes et les communautés juives très attachées à la Loi. Il vient ici comme rappeler que c’est bien la loi de l’amour qui est au centre de la Nouvelle Alliance, celle qu’il vient réaliser sur les terres du peuple élu.

Ainsi donc, Dieu ne nous dicte pas des règles ou des préceptes qu’il nous faudrait respecter à la lettre, mais il nous invite à vivre de l’Amour : pour aimer Dieu, il faut aussi aimer ses frères.


        Dans certaines communautés de notre temps, des chrétiens préfèrent encore s’inscrire dans des pratiques visant au respect strict de certaines règles et pratiques, ignorant cette invitation de Jésus qui nous appelle à vivre de l’Amour du Père et du prochain.

Ainsi dans l’introduction de sa dernière encyclique – MAGNIFICA HUMANITAS - le Pape Léon nous invite à édifier dans le bien, ce qui pour lui exige un langage évangélique.

Je le cite : « Ne bénissons pas des enthousiasmes naïfs. . . indiquons plutôt des critères de discernement – dignité de la personne, destination universelle des biens, option pour les pauvres, soin de la maison commune, paix – et traduisons-les en pratiques. » 

En pratiques, je dirai qu’il s’agit pour chaque chrétien d’avoir le souci du prochain quel qu’il soit et où qu’il soit.

Le prochain c’est celui qui a besoin de moi ; le prochain c’est aussi celui que je croise sur ma route, celui qui ne demande rien d’autre que d’être entendu, celui qui a besoin d’attention, de réconfort, de respect et d’un peu d’amour ! . . .


        Rappelons-nous donc frères et sœurs la parabole du Bon Samaritain : merveilleux témoignage de reconnaissance et d’amour du prochain. Ce prochain laissé au bord de la route, ignoré par un prêtre puis un lévite, est relevé par le samaritain qui vient ainsi appliquer cette loi de l’Amour voulue par le Christ. Vivons donc nous-même à la manière de ce samaritain, ne laissons personne sur le chemin ! 

Pour autant nous pouvons nous réjouir quand cette Loi de l’Amour est mise en pratique par des chrétiens, qui en s’engageant dans des associations caritatives, se mettent au service des plus démunis, nos frères et sœurs laissés au bord du chemin, les laissés pour compte de nos sociétés de consommation, les victimes de guerres et conflits, les migrants et exilés à la recherche d’une terre d’accueil ! 


        Il nous faudrait sans cesse nous convertir pour mieux servir nos frères dans le besoin, et il s’agit au préalable d’une conversion à vivre dans la prière mais pas seulement, car la prière doit nous inciter à toujours plus d’attention, toujours plus d’amour et notamment vers ceux qui ne connaissent pas le Christ.

Le Christ nous dit de ne pas séparer l’Amour de Dieu de l’Amour du prochain, aussi frères et sœurs, nous tous qui avons été baptisés dans le Christ, transmettons cet Amour de Dieu autour de nous, dans le respect et la confiance. 

Vivons et agissons « pour que le monde ait la vie ». AMEN 




        Joël MACARIO, diacre

        Paroisse Ste Famille en Pays de la Mée

        25 octobre 2026



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