Année A

Sommaire année A
Accueil



2° dimanche de Pâques.

Ac 2, 42-47 ; 1P 1, 3-9 ; Jn 20, 19-31

 « La paix soit avec vous ! » nous dit Jésus.

Jésus est ressuscité des morts. Il est vivant. Mais au-delà de voir Jésus prendre un repas avec eux, pour les disciples sérieusement chamboulés, qu’est-ce que cela a changé ? Pour les contemporains de Jésus, est ce qu'ils ont vu un changement ? Est-ce que les maladies ont disparues, est-ce que la guerre s'est arrêtée ? À vue humaine, ce n'est pas très facile de voir la différence.  St Paul le dit autrement : « Aussi vous exultez de joie, même s’il faut que vous soyez affligés, pour un peu de temps encore, par toutes sortes d’épreuves ;     elles vérifieront la valeur de votre foi qui a bien plus de prix que l’or »

Je voudrais commencer avec vous en regardant comment, à cette époque, les contemporains de Jésus voyaient le monde. 

Nous l'avons redit pendant la vigile, en écoutant les paroles de la Création du monde dans le livre de la Genèse. Au début, Dieu créa le ciel, le firmament, là où il plaça La Lune, le soleil, les étoiles. Très loin au-dessus de la terre. 

Pour les hommes de cette époque. Dieu était dans le firmament. Les hommes, les vivants étaient sur la terre. Et puis en dessous, les morts, enterrés, sous la terre : loin de Dieu.             Si les hommes sur la terre voulaient se rapprocher de Dieu ils devaient monter. D'ailleurs, ils ont essayé, ils ont construit la Tour de Babel. Ça n'a pas marché.

Quand Moïse a rencontré Dieu, il est monté tout en haut de la montagne du Sinaï.  

Jésus, Lui, est descendu du ciel, c’est-à-dire qu’il est venu en bas, chez les hommes, pour vivre avec nous.

 La fête de Pâques a clos le chemin du Carême que je voudrais reprendre avec vous. Un chemin pour comprendre l’amour de Dieu pour chacun, chacune de nous.

 Le premier dimanche de carême, nous avons entendu le récit de la tentation de Jésus au désert. Le désert Lieu informe et vide, La solitude, la faim, la soif. Jésus est allé au désert pour y rejoindre ceux qui sont isolés, abandonnés. Il y a été tenté, de refaire le monde par ses propres forces, de trouver une solution à sa faim par la magie.

Le deuxième dimanche, la Transfiguration : Jésus emmène ses disciples sur une haute montagne (pour se rapprocher de Dieu). Là ses Apôtres ont vu son vrai visage, divin, pour être encouragés dans cette montée vers Pâques et la mort et la Résurrection de Jésus. Mais ils n’ont pas compris.

Dimanche suivant, la rencontre avec la Samaritaine. Une femme qui dit à Jésus qu’elle a eu cinq maris, et même un en plus. Elle avait soif de bonheur, d’affection, mais dans sa quête elle n’a pas trouvé cela mais plutôt la tristesse et l’exclusion de la vie sociale.

Jésus ne lui fait aucun reproche mais accueille sa lucidité sur cette vie désordonnée pour lui offrir son eau vive de la Vérité dans l’amour.

Le dimanche suivant, une autre rencontre, avec un aveugle de naissance. La question est encore celle du péché, de l’éloignement de Dieu.

Les disciples demandent à Jésus « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » Cela nous parait une question dépassée. Pourtant ne disons-nous pas quelquefois, qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu ? » quand il nous arrive une succession de problèmes ou de malheurs.

Jésus vient nous dire qu’il nous aime, et que le handicap ou la différence n’est pas une punition. Devant cet aveuglement, Jésus nous aide à voir vraiment avec les yeux compatissants de Dieu, chaque homme, chaque femme, quel que soit son image.

Il y a déjà 3 semaines, l’Evangéliste nous a raconté la résurrection de Lazare un très bon ami de Jésus. La mort d’un ami, d’un proche. Jésus vit aussi la tristesse de la séparation et pleure. Mais il est la Vie et appelle Lazare a sortir de son tombeau. Tombeau du cimetière, ou tombeau de l’exclusion, de la dépression, de l’isolement.

Nous avons vu que le monde des morts était sous la terre, au plus loin de Dieu. Eh bien, Jésus est descendu jusque-là, au plus bas, pour rejoindre ceux qui ont touché le fond.

Avec tous ces signes, les contemporains de Jésus ont compris qu’il était un grand prophète et auraient bien voulu en faire leur roi : c’est le dimanche des rameaux ou Jésus entre triomphalement à Jérusalem.

Jérusalem est une ville située sur une montagne. Là est construit le Temple, la maison de Dieu. Jésus se rapproche de Dieu, son Père. Pour retrouver la Gloire ? Oui et non !

C’est là qu’il va être mis à mort comme un esclave, comme un vaurien, comme un maudit. Là, Jésus est vraiment descendu au plus bas, avec les innocents condamnés, les victimes abandonnées, tous ceux qui sont trahis.                  Nul n’est trop loin pour Dieu.

Dieu aime chacun, petit, grand, jeune, âgé. Pour nous partager sa vie éternelle, une vie de lumière et d’amour. La vraie Vie !

Les disciples sont désemparés, abattus : « les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, » Eux aussi croyaient que Dieu serait le plus fort.   Des femmes disent qu’elles l’ont vu vivant ! Deux disciples sont allés vérifier : cela parait incroyable !

Mais eux aussi vont comprendre. Jésus n’est pas venu pour prendre le pouvoir et redressé les torts. Il est venu soutenir tous ceux qui vont mal, tous ceux qui sont perdus, isolés, abandonnés. Il n’est pas venu juger ou condamner, Il est venu pour sauver !

Il est descendu au plus bas de la vie, jusque dans la mort, pour nous donner Sa vie, une vie éternelle, une vie où l’on est vivifié, guéri, consolé par l’amour de Dieu.

« Le Christ ressuscité est à la fois notre guide et notre compagnon de route. Il nous conduit à la maison du Père où nous sommes attendus, aimés, sauvés, et où le désir qui nous habite sera comblé. » Pape Léon XIV

Le jour de l’institution de la fête de la divine Miséricorde, le 30 avril 2000, alors qu'il il s'apprêtait à canoniser Sainte Faustine, le Saint pape Jean-Paul II disait dans son homélie : « Jésus montre ses mains et son côté. C’est-à-dire qu’il montre les blessures de la Passion, en particulier la blessure du cœur, source d’où jaillit la grande vague de miséricorde qui se déverse sur l’humanité. […] A travers le cœur du Christ crucifié, la miséricorde divine atteint les hommes : “Ma Fille, dis que je suis l’Amour et la Miséricorde en personne”, demandera Jésus à Sœur Faustine. Cette miséricorde, le Christ la diffuse sur l’humanité à travers l’envoi de l’Esprit qui, dans la Trinité, est la Personne-Amour. 

« La véritable gloire du Ressuscité : c’est la solidarité d’un Dieu qui ne veut pas se sauver sans nous, mais seulement avec nous. Un Dieu qui ne ressuscite qu’en embrassant nos misères et en nous relevant pour une vie nouvelle. » Pape Léon XIV

Et il nous invite à en témoigner : « Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »


Le Christ est ressuscité ! la mort a été vaincue ! Alléluia !    

« La paix soit avec vous ! »    


Amen.


Philippe ARRIVÉ, diacre permanent 

Paroisse St François des Coteaux (44)

12 avril 2026


Accueil