Ce dimanche est un peu particulier pour moi, car j’avais lu cet évangile le lendemain de mon Ordination Diaconale, donc forcément, en ce jour de la divine miséricorde institué par Saint Jean Paul 2, lors de la canonisation de sœur Faustine, cela prend pour moi une signification particulière. Saint Jean Paul 2 rappelait que le visage de la miséricorde de Dieu continue à nous parvenir par le geste de ses mains tendues vers l’ Homme qui souffre ; être Miséricordieux, c’est ouvrir son cœur au mystère de la croix et de la résurrection de Jésus, et Saint Jean Paul 2 insistait sur le fait qu’il n est pas possible de penser à la Miséricorde Divine sans la résurrection du Seigneur. Le Christ veut nous sauver en nous ouvrant ses bras miséricordieux, et en nous demandant également d’ouvrir nos bras afin d’être miséricordieux !
« La Paix soit avec vous », dit Jésus dans l’Évangile de ce dimanche, « la Paix soit avec vous ». Je trouverai magnifique si on remplaçait notre bonjour du dimanche, par la Paix soit avec vous. On retrouve cette Salutation de Paix dans la salutation liturgique au début de la messe prononcé par nos Évêques. Cette PAIX, nous ouvre chaque dimanche au visage de la miséricorde du Christ dans le point culminant de sa résurrection. «Cette Paix», nous la retrouvons également dans le « geste de paix », ainsi que dans le rite de conclusion prononcé par le Diacre, au moment de l’envoi. « De même que le père vous a envoyé, moi aussi je vous envoie » le Christ nous envoie comme porteur de sa paix miséricordieuse, qui est une source infinie de joie pour nous, et pour les autres, car il n’y a pas de miséricorde sans partage, et le partage mène à la joie.
Il est ressuscité, Alléluia, Soyons dans la Joie !
Mais Vivons-nous vraiment pleinement cette joie que nous procure la résurrection du Christ, comme le vivent les disciples dans ce passage de l’évangile : « ils furent remplis de joie en voyant le Seigneur » ? Comment vivons-nous ce temps de la résurrection ? Nous avons accompagné le Christ sur son chemin de Croix, nous nous sommes laissés toucher par sa mort sur la Croix, et nous devons maintenant nous laissez nous émerveiller par sa résurrection, afin d’être des porteurs de cette joie contagieuse. Et cela ne veut pas dire que nos blessures, nos faiblesses, nos fragilités vont disparaître, mais à l’identique que la résurrection n’annule pas la croix, quand nous acceptons de montrer nos blessures à Jésus, il nous console, et alors, nous vivons l’expérience de l’Amour qui répare. Le Christ ne se lasse jamais de nous pardonner, c’est nous qui parfois nous lassons de lui demander Pardon.
Et quand nous acceptons que les autres nous montrent leurs blessures, que nous nous mettons à leur écoute, nous devenons des porteurs de la consolation de Jésus, des témoins en chemin de sa joie, de son Amour, et de sa miséricorde, qui est source de réconciliation, de paix et de joie pour ceux qui en ont besoin.
Eh oui, ce chemin de foi n’est pas toujours simple, et Thomas en fait l’expérience. Et pourtant, il faisait partie des premiers disciples, il a vu et connu Jésus, la résurrection est encore une nouvelle étape dans la foi de Thomas. Et ne jugeons pas trop vite Thomas, d’abord comment pourrions-nous le faire quand nous voyons nos propres manques ? La foi n’est pas un bloc de certitude, elle est un chemin qui s’appuie sur l’évangile, chacun à son rythme. Thomas n’était pas présent lors de la première apparition, il veut vivre l’expérience de la résurrection par lui-même, il avait besoin de temps pour devenir un Homme de foi, tout comme nous d’ailleurs. « Sois croyant » dit Jésus, et la réponse de Thomas, que je trouve incroyablement belle et magnifique, « Mon Seigneur et Mon Dieu », « Mon Seigneur et Mon Dieu ».
Et Jésus de répondre : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu », et c’est là, la promesse de Jésus, à commencer pour nous qui ne l avons pas vu, et bien-sûr que nous faisons souvent partie également des incrédules dans notre chemin de foi, l’évangile devrait nous suffire, et pourtant, nous avons besoin de miracles pour renforcer notre foi, comme à Lourdes, à travers les guérisons. Mais le vrai miracle à Lourdes, n’est pas celui des guérisons, c’est celui justement de la Foi. À la Grotte, c’est la victoire définitive de l’eau sur la boue, qui nous prépare à une vie nouvelle ; Lourdes est signe de la Miséricorde Divine, dont la source est le Christ, par Marie, pour ceux qui ont besoin de miséricorde, à commencer par nous ; et ce chemin de la vie nouvelle nous montre que de la crèche à la résurrection, le chemin de Jésus éclaire notre propre chemin. Vivre l’évangile, c est d’abord côtoyer Jésus, comme les disciples, en étant à l’écoute de l’enseignement de sa Miséricorde, qui nous permet chaque dimanche de vivre la Paix de Jésus et de la partager.
L’espérance de la résurrection nous permet de tressaillir d’une joie inexprimable qui nous transfigure, comme nous l’a partagé Saint Pierre dans la seconde lecture, afin d’obtenir notre salut.
Et la première lecture des Actes des Apôtres nous donne justement, une grille de lecture qui doit nous aider sur notre propre vie en église :
l’enseignement des apôtres, la vie en communion fraternelle, les prières et la fraction du pain.
Ce que vivaient les toutes premières communautés chrétiennes, nous pouvons nous en inspirer pour vivre avec joie chaque semaine la résurrection du Christ en nous appuyant sur les 5 joies des premières communautés :
La joie de l’Évangile
La joie de la Fraternité
La joie de l’Eucharistie
La joie de la Prière
La joie du Partage
Alors Frères et Sœurs, je vous propose dans les jours à venir, de vivre ces 5 joies en puisant dans la source de la JOIE que nous procure la résurrection du Christ
« La Paix soit avec vous », Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité !
Amen
François PROUX, diacre
Paroisse Ste Marie du Val de Sèvre (44)
Clisson
12
avril 2026