Cette parabole bien étrange nous parle du festin de joie auquel le Seigneur veut nous inviter ; elle nous rappelle que nous sommes tous appelés au bonheur ! Il s'agit d'un repas de noce, qui, dès aujourd'hui, demain et pour l'éternité, entend rassembler toute la famille humaine, unie dans sa diversité. Bizarre cette noce d'un fils de roi où les invités se défilent. Mais il y a pire : certains empoignent les messagers et les tuent. Le roi alors fait exécuter les meurtriers ! puis il fait ramasser tous les passants pour remplir la salle de banquet. Et voilà que l'un d'eux n'a pas le vêtement de noces – alors que les souverains orientaux offraient gratuitement à leurs invités un habit de fête -, il le fait jeter dehors pieds et poings liés. Pourtant comment ce malheureux embarqué dans la rue n'a-t-il pu revêtir l'habit de fête ? Question ? Regardons ce que ce texte veut nous faire comprendre :
Sans cesse Dieu nous donne des occasions de lui répondre oui ou non, à travers les événements de chaque jour et il renouvelle sans cesse son invitation à venir fêter la vie avec lui, pas à cause de notre rang ou de nos mérites, pas en remerciement de nos efforts ou de nos bonnes actions, mais pour un partage généreux de sa vie. « Pour que le monde ait la vie » nous dit le pape Léon XIV. C'est ce que nous expérimentons lorsque nous allons à la messe par exemple. Il s'agit bien d'une invitation gratuite : c'est un don et pas un dû. Nous ne sommes donc pas obligés de l'accepter, mais si nous l'acceptons, alors nous devons y répondre en vérité, par nos paroles et par nos actes car il ne suffit pas d'être simplement présent dans une église ou d'avoir une apparence religieuse... être membre d'une communauté chrétienne, d'une paroisse ne garantit pas automatiquement l'entrée dans le Royaume ; nous devons revêtir Jésus-Christ, c'est à dire marcher à sa suite, porter du fruit, nous habiller de justice, laisser notre être, notre cœur, se renouveler entièrement, y mettre du neuf. Mais nous avons tellement de choses à faire : nous occuper de nos petits conforts et toujours trouver autre chose à faire que de nous occuper des autres ! J'en ai perdu mon carton d'invitation occupé que j'étais par tant d'autres choses !!
C'est
pourquoi nous pouvons peut-être nous reconnaître dans chacun des
personnages de l'histoire raconté par Jésus ; chacun parle d'une
facette de notre personnalité :
-
Dans celui qui ne veut pas répondre à l'appel ou qui ne l'entend pas
parce qu'on est pas en forme ou ça ne m'intéresse pas. Dieu
patiente !
-
Dans celui qui est préoccupé ou absorbé par autre chose... Dieu
patiente !
-
Dans « ceux qui
restent parmi les purs de la religion » ; Jésus parle ici
des intégristes, ceux qui pensent détenir la vérité de Dieu dans leur
doctrine et qui ne veulent pas se remettre en question... Dieu nous
aide !
- Dans ceux qui sont incohérents, dans une fausse attitude avec
les autres, vis à vis d'eux-mêmes et de Dieu...
-
Ou, et c'est heureux,
dans ceux qui
répondent à l'invitation et se rendent au banquet céleste, même s'ils se
posent des questions sur le chemin de l'existence. Ils se nourrissent
avec joie de ce que Dieu leur offre !
Oui tout homme peut entendre l’appel de Dieu et entrer dans la gratuité du Royaume : la table de Dieu s'élargit pour appelé et accueillir la multitude des humains. Jésus appelle le bon comme le méchant qui est en chacun de nous.
Pour ce festin, tout doit être beau ! Et pourtant, dans ce magnifique décor, quelqu'un vient avec ses habits de tous les jours... Cet homme ne sait pas reconnaître la solennité de cette fête royale. Il ne fait pas de distinction entre le quotidien et l'exceptionnel. Son attitude gâche la fête. Il se comporte comme si c'était un événement banal. Son attitude rejoint celle des autres, ceux qui ont décliné l'invitation. Nous aussi, à chaque fois que le Seigneur nous invite, nous sommes invités à revêtir notre cœur d'un habit de fête. Sinon, ce n'est pas la peine.
Finalement, que doivent faire les invités pour ne pas avoir des ennuis avec le roi ? Et nous, que devons-nous faire ? Eh bien, c'est simple : nous devons juste apprendre à nous laisser faire. En répondant à l'invitation pour de vrai ! Revêtir son habit de fête, c'est mettre sa foi et ses actes en conformité avec ses paroles. Dans notre vie et dans nos relations de tous les jours, nous sommes appelés à vivre ce en quoi nous disons croire. À découvrir l'extraordinaire de Dieu dans l'ordinaire du quotidien. Dieu invite toujours...
Que de femmes et d'hommes, aujourd’hui encore, déchirent notre inconscience, dénoncent les faux dieux de nos sociétés, luttent pour le droit et la justice. Ils nous bousculent. Ils nous montrent le visage de Dieu sous les traits de ceux qui ont faim, qui sont maltraités et persécutés, qui triment pour construire la paix. Sur ces chemins où il n'est jamais possible de se croire arrivés, Dieu n'arrête pas de nous faire signe. Et comme le dit cette Religieuse :
« Durant ces années de cheminement vers la vocation religieuse, le Seigneur n'a cessé de m'appeler sans réponse de ma part . Nous en connaissons les objections : pas le temps, pas raisonnable, trop occupée. Mais sa patience a fini par payer et je me suis présentée à ce banquet offert pour faire partie des convives. »
François CORBINEAU, diacre
11
octobre 2026