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21° dimanche du Temps Ordinaire.

Is 22, 19-23 / Ps 137 / Rm 11, 33-36 / Mt 16, 13-20

Il y a deux semaines, nous avons vu Élie échapper de justesse à la mort et trouver refuge à l’Horeb. Là, le doute l’envahit sur le bien fondé de sa mission reçue de Dieu. Mais ce dernier va l’inviter à le redécouvrir pas tel qu’Élie le pense mais bien tel qu’il est ! Et il n’est pas dans l’ouragan, ni dans le séisme, ni même dans le feu mais… souvenons-nous… dans le murmure d’un souffle léger. Nul doute que cet épisode résonne en eux, les apôtres, quand Jésus leur pose sa question « Pour vous qui suis-je ? » voire en écho avec la réponse de Dieu à Moïse dans le buisson ardent « je suis celui qui suis » ! ils ont beau être avec Jésus depuis longtemps, le voir enseigner, guérir, changer l’eau en vin, multiplier les pains… ils n’osent pas croire ce qu’ils vivent …être avec le Sauveur promis depuis des siècles. Seul Pierre ose cette fulgurance : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu Vivant ! » comme un éclair illumine la nuit noire. Il reconnait en Jésus le Messie de Dieu… Jésus sait que Pierre n’est pas pleinement conscient de cette réplique, que l’Esprit Saint le pousse à dire sa foi, ce Mystère. Malgré ses faiblesses, Jésus va désigner Pierre, celui sur lequel Il appuiera son Église. Il ne le choisit pas parce qu’il a bien répondu ou pour son audace, mais parce qu’il a accepté que l’Esprit fasse son travail en lui. Il a su effacer sa volonté pour laisser la grâce de Dieu faire son office. Il devient fondation de notre Église parce qu’il aide Dieu, à faire son œuvre sans restriction et en toute liberté 

« Et pour vous qui suis-je ? » quand Jésus pose cette question à ses disciples, c’est aussi à nous qu’il la pose ! Nous sommes là aujourd'hui, nous sommes ses disciples, ses amis. Cette question, c’est bien à chacun de nous qu’il la pose ! Que lui répondre ? Moi, que lui dirai-je ? Put-être…

Jésus tu es le fils de Dieu, le fils de Marie,
Tu as changé l’eau en vin, tu as multiplié pains et poissons pour nourrir la foule
Tu laves les pieds de tes amis, tu es celui qui meurs sur la croix… et qui ressuscite... Et nous n’aurions pas tord, tout est vrai. 

Je peux reprendre les mots du Credo, les phrases de mon catéchisme, les paroles de la bible… tout est juste !

Mais si Jésus s’adresse à nous personnellement par cette question, c’est aussi pour que nous trouvions notre propre réponse. Pas une réponse toute faite, apprise par cœur, trouvée dans des livres, mais une réponse qui nous est personnelle. Jésus ne s’adresse pas à tous… mais à chacun de nous individuellement. Une réponse donc qui prend naissance au fond de chacun, teintée de notre foi, quelque chose de fragile ou de fort, d'impérieux, comme Pierre… Comment je l’appelle dans ma détresse ? Comment je le nomme quand je prie ? Jésus n’attend de nous qu'une seule réponse : celle qui nous ressemble. Celle qui pose ma relation à Lui… même si elle n'en est encore qu'à son début, mes premières expériences ou depuis de longues années. 

Permettez-moi une digression. Sur notre paroisse en région parisienne il y a un peu plus de 30 ans, j'étais engagé dans le catéchisme. Après 4 ans, notre curé me donne la responsabilité de l'année de profession de foi. Je lui confie que je doutais un peu de mes capacités. Nous étions fin juin, il me dit « cet été, tu prends le credo et tu le réécris avec tes mots, comment toi tu le ressens ». À la rentrée, je m’apprête lui donner les feuilles sur lesquelles j'ai écrit « mon crédo » mais il me répond « je n'en ai pas besoin ! C'est toi qui l'as pensé avec lui ! Alors, fais-lui confiance. »

Jésus ne pose pas cette question pour me juger, mais au contraire, pour m’aider à vivre en le découvrant près de moi, pour vivre avec Lui de son Esprit qu’il a laissé, à vivre plus heureux avec mes amis, les personnes croisées, données dans la paix et la joie avec l’Espérance qui nous habite. Il me faudra, peut-être, me faire aider, avec lui comme conseiller, pour discerner dans la forêt de mes pensées, celles qui me disent en vérité qui est pour moi Jésus. 

« Et pour toi, qui suis-je ? » Nous n’aurons sans doute jamais fini d’y répondre mais, Toi, Jésus, tu es d'abord celui qui nous interpelle, qui appelle et souvent bouleverse nos vies en leur donnant du sens, du poids, de la valeur et même la joie quand, comme Pierre, nous laissons ton Esprit vivre en nous. 

Au-delà des mots et des paroles, je peux encore répondre à ta question, Jésus, quand, comme toi je choisis d'aimer et non de juger. Quand comme toi, je vois en ceux que je croise une sœur, un frère à aimer, que je te reconnais dans le pauvre et le souffrant. Quand, toujours comme toi, dans le respect et la charité, je me mets au service de l’autre, que je choisis de mettre le tablier, de laver les pieds de ceux qui sont là, de leur servir une soupe ou un café et qu’ils découvrent qu’ils ont de la valeur à mes yeux et plus encore à ceux de notre Père. Quand je m'engage dans des associations qui prônent la paix, la solidarité, la justice pour dire à chaque personne que la vie ne serait pas si belle si elle n’était pas là et qu'elle est aussi aimée de Dieu !

Quoique je réponde, quoique je dise, quoi que je fasse, que ce soit par amour, avec son Esprit et en son nom car "tout est de lui, et par lui, et pour lui. À lui la gloire pour l'éternité !"


Amen



Patrick DOUEZ, diacre

23 août 2026



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