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21° dimanche du Temps Ordinaire.

Is 22, 19-23 / Ps 137 / Rm 11, 33-36 / Mt 16, 13-20

Jésus, s'étant avancé vers les limites de Césarée de Philippe, interrogeait ses disciples en disant : « Au dire des gens qui suis-je ? » Ils répondent : « certains ont dit Jean le Baptiste, les autres Elie ou Jérémie l'un des prophètes ». Jésus s'est demandé pour qui on le prenait : pour un bonhomme, un quidam, soit en hébreu un « fils d'homme ».  Les disciples lui indiquent la manière dont les femmes et les hommes d'Israël le comprennent : ils le comparent à un prophète, à l'un de ces marginaux qui osent dirent la vérité qu'ils entrevoient : Jean, Elie ou encore Jérémie...

« Et vous, que dites-vous ? Pour vous qui suis-je ? » : ce qui préoccupe le plus Jésus c'est bien la manière dont ses disciples parlent de Lui. « Qui dites-vous que je suis ? » signifie clairement : comment est-ce que vous parlez de moi, comment me présentez-vous ? Il les pousse à prendre une décision personnelle...

Est-ce pour soigner son image de marque que Jésus pose la 1ère question ? Veut-il savoir ce que pensent les gens à son sujet, pour adapter son discours, moduler son message… comme font trop souvent les hommes politiques, soucieux de soigner leur cote de popularité et leur image ? De toute évidence, pour Jésus, c'est la foi de ses disciples qui l'intéresse plus que l'opinion publique. Sa mission doit se poursuivre, Il veut s'assurer de la confiance de ses compagnons, de la mission que Jésus confie à Pierre et aux 12.


Mais les disciples: c'est nous aujourd'hui. Et c'est à nous qu'il pose ces 2 questions essentielles pour notre foi, que toute communauté doit entendre et auxquelles tout baptisé doit répondre.

Que dit-on de Jésus autour de moi ? Qui est Jésus pour moi personnellement ?

    - Que dit-on de Jésus autour de moi ? qu'est-ce-que les gens disent ?

Aujourd'hui, son nom est-il seulement prononcé ? En famille : avec nos parents, frères et sœurs, nos enfants, petits enfants, au travail avec les collègues, à l'école, les amis, avec qui je partage loisirs ou engagements, responsabilités… ?

Dans ce monde de l'indifférence et du chacun pour soi, Jésus n'est-il pas le grand absent ? Et pourtant, de temps à autre, il fait un article dans les médias ou l'objet d'un sondage d'opinion. Magazines, films, émissions de télé ou de radio tentent d'y répondre. 

On est parfois choqué, voire scandalisé, devant certaine publicité ou, au contraire, conforté par tel ou tel article...  certains sont en quête de sens pour leur vie, inquiets de l'avenir (en recherche amoureuse ou professionnelle) et se mettent en route avec ce qu'ils croient, ce qu'ils savent, ce qu'ils aiment et ce qu'ils recherchent… Des moments forts comme ceux-là sont contagieux et donnent le goût de croire !


Mais alors qui est Jésus pour moi personnellement ?

Seule une. expérience personnelle, une rencontre authentique peuvent nous révéler comment notre existence se joue dans la relation au Christ: 

Ainsi Patrice avait démarré brillamment dans la vie comme perchiste, mais suite à un accident il a dû se reconvertir. Les questions existentielles se posaient mais, une fois sa reconversion réussie en tant que coach d'entreprise il croyait que tout était réglé. Mais voilà que ces questions reviennent… Après une longue période de shopping spirituel, tous azimuts, il démarre une démarche de catéchuménat pour être baptisé et prépare son mariage à l’Église. Jésus ne deviendrait-il pas, à son tour, son coach ! 

Au cœur des réalités du monde et du quotidien bien des hommes et des femmes sont interpellés comme ce couple. Et le bonheur de croire est proposé à chacun sur des routes différentes…

Comment faire alors pour que les gens autour de nous puissent se rendre compte que le message transmis aujourd'hui par l'Église est "bon" pour eux ? Et y'a du boulot !! non ?

Comment communiquer autrement notre foi quand trop d'images figées, un langage cuit, des mots usés, incompréhensibles perdent leurs sens et n'évoquent plus l'immense confiance que le mot "croire" veut signifier ?  Tout ne devrait-il pas être frais et neuf pour nous toucher ? Comment accueillons-nous l'imprévu, l'inhabituel, l'événement qui peut réveiller ma foi ? Je pense à ce que  me disait cet ami avant de nous quitter:  "Je ne meurs pas, j'entre dans la Vie."


N'avons-nous pas à recevoir de la rencontre et de la réponse des autres ?   Ce n'est pas forcément avec ceux qui parlent le plus et le mieux que nous la discernerons, ni dans les endroits les mieux étiquetés religieusement mais plutôt près de celles et ceux qui de mille façons donnent leur réponse dans des petits gestes d'attention de tous les jours:

La période des vacances peut être l'occasion de rencontres, par exemple de cousins qu'on a perdu de vue ; de prendre du temps pour échanger et mieux se connaître, alors qu'on se voit très vite  lors d'événements familiaux… c'est très enrichissant ces bons moments partagés 

  Savons-nous nous arrêter en couple, pour nous poser la question : "Qui suis-je pour toi ?" pour continuer à croire en soi-même et continuer d'avancer ensemble et à son propre rythme. 


Mais n'oublions surtout pas la 2éme question :


    - Qui est Jésus pour moi ?


Quelle est ma réponse à moi, à chacun d'entre nous ? Le connais-tu par ouï-dire, comme de loin ? Ou as-tu noué avec Lui une relation de personne à personne ? Il ne te révélera son visage que dans ce cœur à cœur

Est-ce-qu'il compte dans ma vie, moi qui suis mari, père de famille, diacre, prêtre ou religieux; vous qui vivez des moments particulièrement difficiles mais aussi des bonheurs, des joies familiales - tenez comme vous qui préparez le baptême de votre enfant et qui vivez simplement mais pleinement l'émerveillement devant votre bébé, le plus beau des bouts de choux !

Aujourd'hui encore Jésus ne cesse de nous interroger ...  

Chacun est appelé à répondre personnellement et librement, comme cette amie : « Jésus, je le vois comme quelqu'un à qui je peux parler continuellement dans la journée ou la nuit quand je ne dors pas et qu'il m’écoute… Tous les jours je lui demande de me conseiller de me faire signe, notamment quand des appels importants nous sont lancés pour savoir si nous sommes sur la bonne voie...

Il peut tout entendre et tout comprendre puisqu'il a réellement existé et vécu parmi nous. Lui seul peut nous révéler Dieu et à travers Lui, sa vie, son témoignage, nous pouvons entrevoir qui est Dieu.

Nos rêves d'amour, d'amitié, de bonheur, de justice, d'harmonie, de paix, de beauté nous disent que nous sommes faits pour un autre monde et ce monde nous pouvons déjà le réaliser avec Lui.

Je crois qu'il est toujours là avec nous et comme les disciples d’Emmaüs, souvent nous cheminons avec Lui sans le voir. » 

Vous connaissez, comme moi, ces heureuses surprises des vacances. On s'était perdu de vue, on est de passage dans la ville, on se donne rendez-vous, et voilà qu'on se retrouve comme si c'était hier, c'est du bonheur à l'état pur, presqu'un retour à l'enfance...

A la première question, les disciples se contentent de rapporter ce qu'ils entendent autour d’eux : les gens, le reconnaissent comme un envoyé de Dieu comme Élie ou Jérémie. 

Les disciples en savent-ils beaucoup plus, eux qui le voient jour après jour et qui le suivent.  Jésus pour s'en assurer va plus loin avec la 2ème question - "et vous que dites-vous…" Simon, l'impulsif, a alors ce cri du cœur : "Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant". Il fait du neuf, du jamais entendu, de l’in-ouï :  

« Tu es pour nous l'envoyé de Dieu, tu es Dieu même qui nous sauve, Dieu parmi les hommes » et Jésus lui révèle que cette pensée n'est pas de lui, que seul Dieu peut révéler Dieu.

Les liens tissés ici seront féconds: « Jésus lui fait confiance et l'envoie en mission: « tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église ». « Tu es roc et sur ce roc… » On sent dans cet échange, toute la force de la confiance mutuelle : 

l'Église est fondée sur  ce "ROC", la foi des apôtres. Même si notre foi est bien souvent bousculée, jusqu'à douter comme Pierre, peut-être avons-nous vu cette lumière au fond des yeux qui en dit long…, senti ces « clins d’œil » , je dirais ces « clin-DIEU »… Tous ces grains de sel qui assaisonnent la journée et nous permettent de savourer la vie !!

Les mains du Christ, le regard de tendresse du Christ passent désormais par nos mains, nos yeux, notre cœur.


La foi ne consiste pas à enfermer Jésus dans une définition mais à se laisser emmener par Lui. Comme on confie les clés de sa maison, il faut faire confiance, sachant qu'il y a toujours un risque dans la confiance comme dans l'amour…

Sommes-nous prêts à prendre ce risque ? mais attention de ne pas égarer les clés !!


François CORBINEAU, diacre

23 août 2026


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