Ce dimanche, les lectures et l’Evangile nous appelle à vivre des dons de Dieu !
La première lecture nous parle d’abondance et de gratuité des dons ; le psaumes détaille les dons de Dieu ; Saint Paul, lui le don de la Foi dans l’Amour du Christ, et Saint Matthieu préfigure à travers la multiplication des pains, le plus grand don, le Christ lui-même.
Dans la première lecture, Isaïe parle donc de la gratuité des dons de Dieu, «Vous qui avez soif, venez voici de l’eau, venez acheter sans argent et sans rien payer », et dans le contexte de notre monde contemporain, cela peut apparaître détonnant. On entend souvent la formule, « rien n’est gratuit », et c’est vrai que notre monde est plus bâti sur le commerce, que sur le rendre service. Tout a un prix ; eh bien non, si j’osais, je dirais dans le supermarché de Dieu, tout est gratuit, et dans notre mission en tant que baptisé, nous devons être convaincus que nos paroles, nos actes, doivent refléter cette gratuité, ce don de soi, ce temps donné, dans la gratuité. Isaïe va encore plus loin : « pourquoi vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ? », combien de fois courrons-nous après ce qui n’est pas l’essentiel, après les plaisirs éphémères de ce monde qui passe ? le vrai bonheur est dans l’accomplissement de la parole de Dieu ; la parole est source de compassion, de patience, de douceur. Seule la Parole de Dieu rassasie... « Prêtez l’oreille, venez à moi, écoutez et vous vivrez » termine le prophète. Devant Dieu, nous devons garder une oreille ouverte à sa miséricorde en accueillant ses dons dans la confiance....
Et c’est que nous retrouvons dans le psaumes de ce dimanche. « Le Seigneur est proche de ceux qui l'invoquent », le psaume revient sur les dons de Dieu : tendresse, pitié, amour, bonté, justice, fidélité, proximité, elles reflètent le visage du Christ, et de ce que le Christ nous demande d’être comme baptisés. Et Nous devons nous émerveiller devant le chemin que nous propose Dieu, et c’est ce que fait Saint Paul dans la 2ème lecture. Il nous montre ce qu’est le don de la foi, L’AMOUR DU CHRIST reçu… et « rien ne peut nous séparer de l’Amour du Christ, rien, ni les épreuves, ni la détresse, ni l'angoisse, ni la persécution, ni la faim, ni le danger, ni le supplice »
Et nous, il nous arrive forcément de vivre ces moments d’angoisse, de peur, d’épreuve. Comment réagissons-nous ? Est-ce que nous nous appuyons sur le Christ ? Il y a une parole de Saint Paul qui m’a toujours aidé, c’est dans 2 Corinthiens 12 : « Lorsque je suis faible c’est alors que je suis fort […] car sa puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse ». Et nous devons être dans cette confiance, rien ne peut nous séparer du Christ ; rien ni personne. Il est le signe de l'alliance éternelle que nous revivons chaque dimanche au moment de l'eucharistie.
Dans l’Évangile de ce dimanche, nous retrouvons justement la préfiguration de l'eucharistie, et comme souvent c’est l’événement Pascal qui nous éclaire... Jésus vient d’apprendre la fin tragique de Saint Jean le Baptiste, et il se retire ; ce retrait est un moyen pour le Christ de prendre du recul, en s’éloignant de la violence des hommes. l’Évangile parle d’un endroit au désert propice au calme, à la prière, un bon endroit pour reprendre souffle. Nous vivons aussi ces moments où le Christ semble s’éloigner de nous — semble seulement, car en vérité, c’est nous qui nous éloignons du Christ. Cette obscurité spirituelle nous invite à retrouver le chemin qui mène au Christ, à nous questionner sur comment nous vivons cette relation avec lui, est-ce une forme d’appropriation, ou est-ce un abandon total et réel de nos propres vies au Christ sans condition ? Et comme dans l’Évangile, il est nécessaire, comme la foule, de revenir très vite vers le Christ, afin qu’il nous nourrisse de son Amour, cette Faim de Dieu qui est nécessaire chaque jour de notre vie...
« Il fut saisi de compassion envers eux et guérit les malades », cette compassion est le signe de ce que doivent être les Apôtres, de ce que nous devons être nous, les Chrétiens, dans notre quotidien. Le Christ aurait pu renvoyer la foule, comme le demandaient les disciples ; non, il va nourrir toute la foule présente, il va bénir et partager ce pain, comme lors de la Cène, ce pain de la vie, fruit de la terre et du travail des hommes, comme nous le rappellent nos prêtres à chaque messe au moment de l’offertoire. Jésus le transforme pour en faire son Corps Vivant, ressuscité... Et dans l’Evangile de Saint Matthieu, c’est le Christ qui donne la pain à ses disciples, qui vont eux mêmes le donner à la foule. Ce geste est le Signe de l’annonce prophétique du repas eucharistique.
« On ramassa les morceaux qui restaient et cela faisait douze paniers pleins ». Douze, comme les douze tribus d’Israël ; douze, comme les douze Apôtres. Chacun un panier pour aller porter Jésus, le pain de vie, à tous. Aujourd’hui, nos évêques, nos prêtres continuent de porter ce panier de vie à chacun d entre nous.
En tant que baptisés, tous ces dons que nous recevons, sont faits pour être partagés en abondance pour porter du fruits ; lors d’un Angelus, le Pape Léon a rappelé une Parole du Christ « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement », et dans son encyclique Magnifique Humanité, il écrit que « la solidarité trouve sa source dans le mystère du Christ et se nourrit de l’Eucharistie »
Frères et Sœurs, soyons des témoins joyeux, des DONS DE DIEU, n’ayons pas peur de donner GRATUITEMENT, appuyons-nous sur l’eucharistie afin que nous puissions devenir ce que nous recevons : le Christ !
Amen.
François PROUX, diacre
Paroisse Sainte-Marie-du-Val-de-Sèvre (44)
2 août 2026