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18° dimanche du Temps Ordinaire.

Matthieu 14, 13-21



Comment ne pas rapprocher ce miracle du partage de cet élan de solidarité et de partage extraordinaire face à ces feux qui sévissent en Gironde, dans les Landes et ailleurs et mettent en danger la vie des populations.

Nous assistons actuellement, à un déploiement de générosité et d' entraide exceptionnel : les dons affluent de partout : denrées alimentaires, vêtements, couvertures... soutien psychologique aux personnes déplacées et accueillies. De nombreux organismes et associations s'engagent pour soutenir les habitants et les personnels mobilisés contre les feux, le pompiers, les agriculteurs et autres. Des épisodes caniculaires qui frappent particulièrement les plus fragiles...Véritable attention à l'autre pour que tous aient quelque chose à manger et se loger...

Ce récit de la multiplication des pains et des poissons que l'on vient d'entendre est bien celui du " MIRACLE du PARTAGE" et de la solidarité, « du pain pour tous". 


Jésus vient juste d'apprendre l'exécution de son cousin Jean Baptiste. Il veut se retirer à l'écart, dans un lieu désert pour se retrouver seul avec sa peine. Parti en barque avec ses disciples, il est très vite rejoint par la foule, et là il ne résiste pas, car "il fut pris aux entrailles", nous dit Matthieu. Les disciples se permettent de lui glisser un conseil : "renvoyer ces gens et qu'ils aillent dans les villages s'acheter à manger."    Solution pleine de bon sens et réaliste.

Les disciples parlent "d'acheter" lui de "donner". Les disciples n'ont pas le regard de leur maître qui, Lui, connaît les multiples faims de celles et ceux qui le cherchent: faim de nourriture, faim et soif de justice, faim de bonheur, faim d'amour, faim de Dieu. Ce n'est pas le pain acheté dans les villages qui pourra les rassasier. Jésus se contente de dire à ses amis:  "Donnez-leur vous-mêmes à manger !  L'évangéliste ne décrit pas la «multiplication», le mot n'est même pas dans le texte Il dit: «il prit», «prononça la bénédiction», «rompit les pains» et «les donna» - ça ne vous rappelle pas un certain soir du Jeudi Saint, la Cène et la célébration de l'Eucharistie ? Les disciples les donnent alors à la foule. Un partage qui invite à d'autres partages, ceux que nous vivons à chaque messe mais aussi dans le service des autres.   Dieu a besoin des hommes, de nos mains, de nos cœurs, pour que son désir de partage se réalise.  Quel pain donnons-nous à tous ceux qui crient leur faim d’amitié, de tendresse, de justice, de reconnaissance, de paix ? « Donnes-nous notre pain quotidien » prions-nous dans le Notre Père : pas « mon » mais « notre »

Ce récit de la multiplication des pains ne serait-il pas celui d'une parabole de la générosité contagieuse qui pousse chacun à puiser dans ses réserves secrètes pour donner à ceux qui n'ont rien. 

Les faits sont là : "ils mangèrent tous à leur faim":


Le mot "PARTAGE" fait partie de notre vocabulaire: partager un repas (TOP), partager la peine de celui qui souffre, qui est dans la maladie, le deuil, partager un point de vue au cours d'une réunion, partage des biens, ou encore partage du travail, partage des responsabilités…

Aujourd'hui, beaucoup d'initiatives se vivent autour de nous : Pain contre la faim (Monique Hias), la mie de pain, Chanter la vie (Brigitte Jaheny), les restos du cœur, le Secours Catholique, le Secours Populaire, la société St Vincent de Paul, La Fondation de France, la Croix Rouge, le CCFD.

L'originalité du partage que Dieu propose c'est la gratuité, sur laquelle insiste Isaïe dans la 1ère lecture:  "Même si vous n'avez pas d'argent, venez acheter et consommer". Le prophète annonce un monde nouveau. « Quand Dieu offre, il offre gratuitement ! Il partage son amour sans attendre de retour."


Alors comment cet Évangile m'interpelle-t-il aujourd'hui ?

Cet appel du Christ "Donnez-leur vous-mêmes à manger" retentit encore aujourd'hui : des personnes en grandes précarités, isolées, malades, démunies, des demandeurs d'asile ont faim de pain, de dignité, d'amitié, de reconnaissance, de rencontres,  faim de vivre tout simplement.

Comme les disciples, on se sent souvent débordés, submergés face à l'immensité de la tâche, avec des moyens dérisoires ; nous pensons que les problèmes sont trop grands et nous trop petits…Et pourtant nous pouvons rejoindre toutes ces personnes engagées dans ces associations déjà citées. Les uns et les autres vous pourriez évoquer bien d'autres formes de partage, de rencontres et d'accueil : les pique-niques BBQ des mercredi en juillet, les repas partagés... la TOP, ce que vous vivez dans vos familles et vos quartiers...  dans les associations et n'oublions pas aussi les lieux d'accueil de La Pause et St Luc Amitié, les Partages d'évangile des enfants, les Dimanches des  familles, les groupes de fraternité...  De plus en plus de nos concitoyens prennent conscience de la nécessité  et l'urgence d'agir sur notre environnement, dans la société, pour un meilleur partage vers celles et ceux qui sont exclus de la table, et aussi pour plus de justice: une économie solidaire, un développement durable, un commerce équitable pour tous. Comme eux faisons confiance à Jésus. Partons de ce que l'on a (de nos 5 pains et nos 2 poissons) et Jésus fera le reste !

-  saluons toutes ces initiatives prises par des chrétiens et bien d'autres, ces élans de solidarité : suivi social des familles, aide à la subsistance, portage de repas... regardons le positif de nos vies, et tout ce qui est porteur d'avenir.  Sachons nous émerveiller, être reconnaissant de tout ce que les autres font aussi pour nous.

Dans ce récit Mathieu veut nous dires que le Christ rassemble tous les hommes , qu'il leur apporte tout ce dont ils ont besoin pour être des vivants et qu'il leur permet de prendre part à son œuvre. Laissons-nous rejoindre par Lui, là où nous sommes pour être nourri de sa Parole.

Chacun peut apporter à Jésus le peu qu'il a : son temps, ses talents, ses qualités, son imagination...  Il en fera de grandes choses !! 


"On a tous quelque chose à donner,  faut savoir s'y prendre… oui… savoir s'y prendre….

On a tous quelque chose à donner  pour voir le monde transformé" (refrain ACE)



François CORBINEAU, diacre

2 août 2026













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