Le moins que l’on puisse dire est que le Christ n’ y va pas par 4 chemins, c’est même plutôt très direct : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi. Celui qui aime son fils et sa fille plus que moi, n’est pas digne de moi »
Jésus ne rejette pas les affections humaine — ce serait nouveau ! — mais il nous demande de faire un choix radical. Pour être disciple, il faut reconnaître le Christ comme étant la primauté absolue de nos vies. Eh oui c’est un choix radical. Cette exigence peut nous paraître choquante, mais il n’y a pas de compromis possible avec l’Évangile ; être chrétien, c’est agir, vivre, comme le Christ. Et de bout en bout de l’Évangile, il nous montre ce qu’il faut être, comme dans Matthieu chapitre 5 « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Ou comme le sermon sur la montagne, les béatitudes, cette déclaration de bonheur qui nous permet de rentrer dans la réalité du Père en nous faisant aider par le Père, car ce choix radical est forcément compliqué pour nous. C’est pourquoi il faut y mettre de la gradualité, marche après marche. Le Christ nous accompagne. Et nous avons besoin d’exemple pour nous aider à comprendre cette relation de cœur à cœur avec le Christ, nous avons les Saints bien sûr, mais la première image de vie donnée qui me soit venue, c’est celle de nos prêtres. Ils sont le Christ Pasteur par amour absolu pour le Christ, au service d’abord des brebis perdues, et ce quel que soit l’endroit, comme Jésus en Samarie.
Oui, le Christ doit être la source première d’amour qui irrigue nos cœurs, afin d’être ensuite porté à nos proches. Un amour authentique et inconditionnel pour le Christ n’est pas en concurrence avec l’Amour que l’on porte aux siens ; il le transforme. L’amour pour le Christ n’est pas fait pour « aimer moins » nos proches, il est fait pour les « aimer mieux »... le Christ nous aide à être dans nos petites attentions du quotidien, plus doux, plus joyeux, plus consolateur, plus humble ; à être source d’espérance, source de pardon, source de merci, source de consolation sans jugement, source de don de soi.
Et ce n’est pas toujours une évidence de mettre Jésus au cœur de nos vies. Pour ma part, j’ai mis beaucoup de temps à le comprendre, je ne reviendrai pas sur toutes mes années où j étais loin de l’église, mais pendant mon chemin de reconversion, la Vierge Marie en était le point central. Mais ce n’est pas ce qu’elle voulait : elle voulait que son fils soit ce point central, et aujourd’hui, par mon ordination diaconale, le Christ a la primauté absolue dans ma vie. Par Marie pour Jésus.
Jésus complète dans l’évangile de ce dimanche : « celui qui ne prendra pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi.. »
Là encore, le message de Jésus dans l’évangile de ce dimanche peut paraître dur ; il faut remettre ces paroles dans le contexte de l’époque de Jésus. La crucifixion était un supplice courant dans l’empire romain. Jésus exprime la conscience qu’il a de l’épreuve qu’il l’attend ; et pour les disciples, accepter de suivre Jésus, c’était accepter de courir le risque d’être rejeté, incompris, moqué, persécuté, voire d’y laisser la vie. Et Cela nous renvoie forcément à la Pâque de notre Seigneur, « il souffrit sa passion et fut mis au tombeau, il ressuscita le troisième jour ». Et Cette Pâque nous renvoie à notre propre baptême, et comme nous le rappelle Saint Paul dans la deuxième lecture : « nous les baptisés, nous avons été unis à sa mort par le baptême… L’ homme ancien qui est en nous a été fixé à la croix avec lui pour que le corps du péché ne soit réduit à rien ». Notre baptême, cette liberté nouvelle d’homme nouveau, nous permet de renoncer à notre vie passée, à vivre de l’évangile, et pour cela, nous devons chaque jour nous débrouiller pour que le Christ vienne habiter notre journée. Nous sommes tous envoyés par le Christ, et notre vie doit être conforme à celui qui nous envoie, c’ est ce qui fait que nous sommes disciples du Christ. Et pour cela, nous avons besoin de nous convertir sans cesse en nous appuyant sur l’Esprit Saint.
Cette semaine, en lisant un article dans un magazine sur la première année de Pontificat du Pape Leon XIV, une image m’a profondément touché : celle du Pape Léon XIV, au jubilé des jeunes en août 2025 à Rome, portant la croix du Jubilé de l’Espérance. Sur cette image, on voit notre Pape s’effacer totalement derrière la croix du Christ. Signe du chemin que nous propose notre Pape, la nécessité de disparaître derrière le Christ. Et je trouve cela incroyablement beau. Cet article reprenait également les grandes orientations que Le Pape Léon XIV avait données aux cardinaux, et je trouve qu’elles peuvent nous aider dans ce que c’est être chrétien dans le monde d’aujourd’hui. Je vous en partage quelques une :
« Le retour de la Primauté du Christ dans l’annonce, la conversion missionnaire de toute la communauté Chrétienne, l’attention affectueuse aux plus petits et aux laissés pour compte, et le dialogue courageux et confiant avec le monde contemporain »
Frères et Sœurs, il nous faut annoncer la bonne nouvelle, soyons des porteurs de cette bonne nouvelle, d’une manière pacifiée, comme un ami, auprès de ceux qui en ont besoin, là où ils sont, et peu importe où ils sont, afin qu’ils se sentent aimés de Dieu. Et j’ai fait partie de ces brebis perdues. Un jour, un homme, un prêtre, m’a tendu la main, il m’a accueilli, il m’a donné à boire un verre d’eau fraîche puisé dans la source de l’Amour du Christ, et me voila aujourd’hui devant vous. Frères et sœurs n’ayons pas peur, allons vers les Hommes, Jésus veut tous nous sauver, Jésus veut tous nous aimer !
Amen !
François PROUX, diacre
Paroisse Sainte Marie du Val de Sèvre
28 juin 2026