La phrase de Jésus à ses apôtres est quelque peu d'énigmatique : « Rien n'est voilé qui ne sera dévoilé, rien n'est caché qui ne sera connu » puis il continue « dites-le en pleine lumière, et proclamez-le sur les toits... Ne craignez pas ».
De quoi veut-il leur parler ? Mais de tout ce qui va se passer pour Lui, de ce qu’ils vont vivre avec lui et qu'il leur annoncera plus clairement par trois fois : « je vais être arrêté, jugé et mise à mort pour ressusciter le troisième jour »
C'est par cet épisode dramatique que le voile va se lever, la révélation va prendre corps ! Jésus le Christ, Dieu sur terre, le Sauveur, notre frère est venu pour nous sauver. Oui nous sommes déjà sauvés ! Par amour il va jusqu'à donner sa vie et par l'amour que Dieu a pour lui (le même que pour nous) il va ressusciter. Nul besoin d'attendre des siècles et des siècles... La fin du monde, la réponse est là ! Nous sommes déjà sauvés parce que aimés ! Ce n’est pas un mérite ! mais une Grâce infinie !
Notre vie ne nous est pas donnée pour que nous attendions, mais pour que nous aimions ! Pour que nous agissions en acteurs et témoins de l'amour entier d'un Père pour ses enfants, pour chaque femme, chaque homme et chaque enfant de ce monde. Car nous vivons depuis toujours et pour toujours PAR et DE cet amour. Ce bonheur n’est pas seulement pour nous qui sommes ici mais tous les humains, ceux d'hier, ceux d'aujourd'hui et ceux de demain. Jésus ira jusqu'à dire un peu plus tard à ses apôtres l'important n'est pas que je sois connu par tous les hommes, le critère spécifique et fondamental est qu’ils suivent mon commandement. Ce double commandement « Aimer Dieu en se laisser aimer par lui, et aimer ses frères en humanité à sa manière, jusqu'à offrir sa vie ! »
Celui qui se déclarera pour moi, continue-t-il, pour l'amour entre les hommes, avec la nature, dans une dignité lumineuse et incorruptible, je le sauverai et le guiderai vers mon Père. Mais celui qui reniera mon sacrifice, ma fraternité ou ma divinité, sera condamné ! Ça ne sera pas forcément facile chaque jour et nous pourrions en pâtir ! vous avez entendu Jérémie dans la première lecture qui se plaint des calomnies, des machinations, pour le réduire au silence. Il fait les frais de ses propos de prophète. Aujourd'hui, regardons objectivement ces réseaux que l'on dit sociaux, ces fausses nouvelles (fake news), manipulations, trucages, théorie du complot, l’entre-soi et le rejet… à nous de les dévoiler, de dire leur indigence et le mal qu'ils génèrent !
Paul, quant à lui, rappelle que si le péché est venu au monde par l'ambivalence de l'homme, c’est par un seul homme, le Christ, que l'humanité est sauvée ! Force est de constater que le mal est toujours présent dans ce monde et peut ternir les dilemmes de chaque instant : choisir le bien ou le facile ? Le collectif ou l'individualisme jaloux ? L'orgueil ou l'humilité ? une réflexion et une action qu'il nous faut éclairer par la Parole avec l’Esprit pour refuser le péché. Et notre corps, cette mécanique si complexe, si belle et si fragile est notre moyen, le média pour incarner et témoigner de l'amour et de l'Esprit qui nous sont donnés qui nous animent et nous promettent la vie... éternelle
Non, nous ne méritons pas notre Ciel, ni notre Paradis ! Par Jésus, par son corps et sa vie offerts, Dieu, par Grâce, nous a déjà tout donné ! On pourrait se dire mais à quoi bon des efforts, si nous sommes déjà sauvés ! Mais parce qu’il nous faut témoigner de cette Bonne nouvelle du Salut, d’un Amour et d'un Esprit vivifiants appelant à la fraternité universelle, sans exclusion. à incarner en s'engageant dans la société, en politique peut-être, dans des associations caritatives, d'aide aux personnes, de sauvegarde de la création, d'accompagnement d’enfants, en paroisse… pour porter le message du Christ au monde. Son message qui dit non à la violence, non à la vengeance, non à la guerre, non à tout ce qui avilit l'humain, non du refus de la liberté mais qui dit oui à la fraternité, oui à la dignité, à la compassion, au respect, au partage, à la justice… c'est là et comme cela que nous nous réclamons du Christ, en vivant à notre façon l'Amour et l'Esprit qui nous sont offerts sans limite.
Bien sûr, à le vivre en Église mais aussi en le criant au monde : seul l'amour peut nous sauver de la déchéance et de la mort infinie ! Il nous faut être acteur et agir dans le quotidien de notre vie, dans la prière, l'action de grâce mais aussi dans les choix que nous avons à vivre éclairés par la vie, la Parole et l’Esprit de Jésus, en vivant les sacrements offerts qui redonnent force et discernement pour choisir le bien commun, le partage, le don, l'entraide gratuite, la valorisation de l'humain et peut-être simplement passer un peu de temps ensemble
Il n'y a pas de solution miracle ! nous sommes tous uniques et tous différents. Chacun de nous avec ses talents et ses lacunes, ses fragilités et son énergie, éclairé par Jésus et son seul commandement « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » trouvera son chemin de Salut
Souvenons-nous avec joie que nous sommes déjà sauvés ! Alors on ne mérite pas son paradis, on le conserve !
Patrick DOUEZ, diacre
21 juin 2026