Homélies pour des funérailles


retour vers l'accueil


Obsèques de Nathan AUDOIRE - 24 ans


Sg 3, 1-6.9 ; Ps 102 ; Jn 12, 23-28



Nathan, en décembre, tu étais présent dans cette église pour dire adieu à ton arrière-grand-mère. Malgré la tristesse de la séparation, toute la famille acceptait son départ : après une vie bien remplie, son heure était venue.  

Aujourd’hui, c’est toi qui t’en vas. A 24 ans ! A nos yeux, c’est injuste ; dans notre logique, c’est incompréhensible ; dans notre cœur, c’est insupportable ! 

La mort, ta mort, toute mort, reste pour tous un vrai mystère… Et cette question n’est pas nouvelle. 


Depuis les temps préhistoriques, des hommes et des femmes de toutes religions croient en une forme d’immortalité qu’ils expriment dans des rites humains et spirituels divers. Nous en trouvons des traces partout dans le monde. C’est peut-être là le signe que chacun de nous est habité par une soif d’absolu. 

Cette aspiration, nous la trouvons aussi chez le peuple juif. Ecrit environ un siècle avant Jésus Christ, le passage du livre de la Sagesse que nous venons d’entendre illustre bien cette espérance des croyants de l’époque. J’en relève trois affirmations :

  1. Les âmes des justes sont dans la main de Dieu.
  2. Qui met sa foi en Dieu comprendra la vérité.
  3. Ses fidèles resteront, dans l’amour, près de lui.

Le croyant affirme clairement sa confiance en cette promesse. 


Dans l’évangile de Jésus selon l’apôtre Jean, nous rencontrons Jésus en marche avec ses disciples. Conscient de ce qui l’attend à Jérusalem, il leur fait une déclaration solennelle en termes un peu voilés : « L’heure est venue où le Fils de l’Homme doit être glorifié. » En fait, c’est l’annonce de sa résurrection prochaine. Mais celle-ci passe d’abord par sa souffrance, sa mort et son séjour au tombeau. Pour en parler, selon son habitude, Jésus utilise une parabole : « Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » Jésus est lui-même ce grain de blé qui sera déposé en terre. Et sa mort portera beaucoup de fruit, puisque, par sa résurrection, il redonnera vie au monde.

Malgré tout, comme tout être humain, Jésus, le fils de Dieu, est angoissé devant sa mort : « Maintenant, mon âme est bouleversée. Que vais-je dire ? Père, sauve-moi de cette heure ? – Mais, non ! C’est pour cela que je suis venu à cette heure-ci ! Père, glorifie ton nom ! »

Nous connaissons la suite… Malgré sa propre souffrance de mère, Marie est restée au côté de son fils jusqu’à la fin. Dieu n’a pas délivré son propre Fils de la souffrance et de la mort. Mais il l’a accompagné jusqu’à la résurrection au matin de Pâques qui a marqué la victoire de la vie sur la mort.


Notre foi chrétienne nous permet de croire et d’espérer que, par sa résurrection, Jésus nous appelle à entrer à sa suite dans la gloire de Dieu... La joie et la gloire d’un Dieu qui est à la fois l’origine de notre existence, le sens de notre existence et la finalité de notre existence. La gloire de Dieu c’est la présence éternelle de son amour dans lequel nous plongerons sans fin notre regard. Pour le croyant, la mort n’est donc pas une impasse, mais un passage C’est d’ailleurs ce que signifie le mot Pâques, passage. Passage des ténèbres à la lumière, de la mort à la vie.  


Telles sont notre prière et notre espérance pour Nathan : qu’il puisse aujourd’hui entrer dans la tendresse de Dieu qui l’attend ! 



Hubert PLOQUIN, diacre permanent

Paroisse des Bienheureux Michel et Célestin en Val de Cens

Eglise Saint Léger 

21 janvier 2026