Dimanche des Rameaux
et de la Passion du Seigneur
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Homélie enregistrée pour RADIO FIDELITE

"Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux !"
Voici comment la foule acclame Jésus pour son entrée dans Jérusalem. Nous ne pourrons pas cette année lever nos rameaux pour refaire ce geste symbolique, comme la foule l'a fait pour saluer cette entrée triomphale dans la ville sainte. Nous le ferons dans notre cœur en accompagnant Jésus qui commence le chemin de sa Passion.
Toute cette semaine, nous allons donc revivre ce chemin, depuis cette entrée triomphale à Jérusalem, en passant par le dernier repas partagé avec les disciples, le long chemin de croix ponctué de rencontres lumineuses, de chutes, de coups, de violence, jusqu’au dépouillement, puis la crucifixion, la lente agonie, le vinaigre pour la soif, la promesse au bon larron et la mort. Et ce qui nous rend fort pour traverser cette épreuve pleine de sang et de désespoir, c’est que nous savons que dimanche prochain nous célébrerons ce qui fonde notre foi : Christ sera vainqueur de la mort et ressuscitera dans la gloire.
Cette dernière semaine du carême, cette semaine sainte dont tous les chrétiens connaissent les étapes, c’est la montée vers la lumière éblouissante, comme celle de la Transfiguration, vers ce feu qui ne s’éteint jamais, ou ce buisson qui se consume sans bruler, c’est le sommet de notre foi chrétienne.
 
Mais aujourd'hui en ce dimanche des Rameaux, et avant la lecture de la Passion qu’il appartient à chacun de reprendre là où il est, dans le silence de son confinement, nous aurions pu entendre d'autres textes forts que le format de cette émission ne permet pas d’écouter. Mais là aussi, il appartient à chacun de vous chers auditeurs, de les retrouver dans sa bible
Permettez-moi de relier trois choses à la lumière de ces textes autour de l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem.
La liturgie nous propose de méditer un passage de la lettre de Saint Paul aux Philipiens. Et ce passage commence par :
« Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu n'a pas retenu le rang qui l'égalait à Dieu, mais il s'est anéanti, prenant la condition de serviteur... »
Chacun de nous est appelé à prendre pour exemple le Christ, à devenir serviteur et nous le verrons d'une autre manière jeudi avec le lavement des pieds raconté par Jean.
Mais Jésus en allant jusqu'au bout a été ensuite élevé par le Père et « toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur. »
Cette hymne dans la lettre de Paul aux Philipiens, nous la chantons régulièrement dans la prière des heures. Nous sommes invités à prendre exemple sur le Christ et ainsi à continuer de mettre en œuvre la diaconie de l'Eglise qui est constitutive de notre condition de baptisé.
 Et nous pouvons aussi reprendre le passage d'Isaïe de la première lecture de ce jour : « J'ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m'arrachaient la barbe. Je n'ai pas protégé mon visage des outrages et des crachats. Le Seigneur Dieu vient à mon secours ; c'est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages »
Ce passage me fait penser à ce témoignage bouleversant (Ginette Kolinka) d'une femme de 94 ans, enfant juive déportée au camp d’extermination de Birkenau où elle a connu les coups, la faim, le froid, la haine, l’humiliation dans son corps, dans son âme.
Son témoignage, publié l’an passé sous le titre « Retour à Birkenau », c'est la souffrance, la mort qu'ont subi des millions de juifs dans les camps nazis. C'est l'horreur absolue que nous ne pouvons même pas imaginer. Mais derrière ces horreurs, c'est aussi la fraternité, la volonté de vaincre la barbarie et de rendre la dignité à tout homme. N'est-ce pas ce que Jésus a vécu, ce que Jésus nous indique comme chemin.
Oui, ces paroles d'Isaïe résonnent à travers ce témoignage. Elles nous parlent de Jésus qui a reçu outrages et crachats. Elles nous parlent de tous ceux qui ont été victimes de la barbarie pendant les guerres dont nous faisons mémoire et de toutes celles qui endeuillent notre monde. Mais Isaïe ne nous dit-il pas : « Dieu m'a donné le langage d'un homme qui se laisse instruire, pour que je sache à mon tour réconforter celui qui n'en peut plus. »
Si nous sommes ici à écouter et méditer toutes ces belles lectures du dimanche des Rameaux et de la Passion, c'est parce que nous croyons que, au-delà de la mort et des souffrances, Dieu nous accompagne, nous accueille et nous aime.
Quand nous lisons le psaume 21 qui a sa place aujourd’hui dans la liturgie, nous n’en prenons pas que la première partie : « Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » nous allons de suite à la fin du psaume : « Mais tu m'as répondu ! Et je proclame ton nom devant mes frères, je te loue en pleine assemblée. Vous qui le craigniez, louez le Seigneur. »
 
Frères et sœurs, chers auditeurs de Radio Fidélité, à l'entrée de cette semaine sainte qui nous conduit vers Pâques, acclamons le Seigneur comme la foule lors de l'entrée à Jérusalem, revivons la Passion, dirigeons nous vers la croix mais sachons qu'elle conduit à la Résurrection, à la victoire de la vie sur la mort.
« Hosanna au fils de David ! Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux. »
Amen.

Gérald PRIVÉ
5 avril 2020






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