Année B
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retour vers l'accueil4° dimanche de carême
(2 Chr 36, 14-23 ; Eph 2, 4-10 ; Jn 3, 14-21)
Pourquoi Jésus fait-il allusion à ce serpent de bronze élevé par Moïse ? De quoi s’agit-il ? En quoi sommes-nous concernés ?
Des questions que peut-être vous vous posez.
Essayons d’y répondre.
Tout d’abord, quelle est cette histoire du serpent de bronze ?
Elle nous est racontée au livre des Nombres, dans l’Ancien Testament. Résumons.
Au cours de leur marche dans le désert, les Hébreux rencontrent bien
des difficultés. Ils se révoltent contre Moïse et bien sûr, contre
Dieu. Traversant une zone infestée de serpent venimeux, ils se disent
que, vu leur mauvaise conduite, c’est certainement un châtiment venant
de Dieu. Alors, se repentant, ils supplient Moïse d’intercéder pour que
Dieu les en délivre. Dieu dit à Moïse de fabriquer un serpent en bronze
et de le dresser sur une perche. Il suffira que toute personne, qui
sera mordue par un serpent, le regarde pour ne pas mourir. La cause du
mal existait toujours, mais Dieu donnait la possibilité
d’échapper à ses conséquences, en d’autres termes d’être sauvé !
Regarder ce serpent de bronze faisait lever la tête pour regarder plus
haut !
Ainsi, Jésus, en faisant allusion à ce serpent de bronze, annonce que
lui aussi, un jour, sera dressé sur une croix et qu’il deviendra
ainsi source du salut, de vie éternelle, pour tout homme qui croit.
Regardez cette croix, ou plutôt ce crucifix, le crucifié. Bien sûr, la
croix nous dit la souffrance, la mort. Mais elle nous dit surtout
l’amour qui seul peut sauver, c’est-à-dire donner la vie éternelle.
Notre regard s’arrête tout d’abord au Christ en croix. Ses bras
largement ouverts accueillent les victimes de toutes les forces du mal,
à la morsure venimeuse, qui engendre la mort sous toutes ses formes,
physique, mentale, spirituelle. Et nous pensons à tout ce qui
atteint nos frères humains victimes de la haine, des guerres, des
violences, du mépris, du racisme, du sexisme ; à nos frères plongés
dans la misère, sans logement, sans ressources pour leur famille ; à
nos frères obligés de fuir leur pays ; à nos frères désespérés, seuls,
sans affection, aux familles dans la tourmente ! Mais reconnaissons que
parfois les morsures du mal viennent de nous-mêmes, de nos faiblesses,
de nos manques d’amour, de nos infidélités, de nos égoïsmes. Pour notre
bonheur et celui de ceux que nous aimons, nous voudrions y
échapper, autrement dit être sauvés.
La mort du Christ n’a pas éradiqué le mal, mais l’a vaincu par l’amour,
et donne à chacun le moyen de le vaincre. Comme le dit Jésus, lui-même
: « il faut que le Fils de l’homme soit élevé (c’est-à-dire dressé sur
la croix) pour que tout homme qui croit obtienne par lui la vie
éternelle… Tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra
la vie éternelle. » (Jn 3, 14-16), selon les paroles rapportées par
l’évangéliste Jean.
Croire en lui, c’est pour nous, ne pas nous arrêter à un simple regard
sur le crucifié, mais par lui, lever nos yeux au-delà, pour y lire
l’amour qui donne vie, l’amour qui sauve. Jésus est le chemin. Il
affirme : « Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le
monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. » (Jn 3, 17)
Etre sauvé, ce n’est pas seulement… plus tard, après notre vie
terrestre ! Etre sauvé, c’est déjà, dès maintenant, échapper aux forces
du mal qui nous déstructurent, nous déshumanisent. Etre sauvé, c’est
déjà avancer sur le chemin de résurrection, à la suite de Jésus. Comme
nous le rappelle Paul : « nous qui étions morts par suite de nos
fautes, (pensez aux morsures venimeuses du mal auxquelles je faisais
allusion il y a un instant), nous qui étions morts, Dieu nous a fait
revivre avec le Christ : c’est bien par grâce que vous êtes sauvés. »
(Eph 2, 5)
Nous sommes sauvés. Nous pouvons échapper aux forces du mal, nous avons
accès à la vie en plénitude, à la vie de bonheur, à la vie éternelle,
malgré les morsures mortelles. Et pour cela, Jésus lui-même nous en
donne la clé : faire en nous la lumière. Cherchons la lumière dans nos
vies. Elle éclaire nos comportements, nous permet de faire la vérité,
sans tricherie. Accueillons l’évangile, marchons à la suite du Christ.
Lors de notre baptême, deux objets nous ont été remis : un livre, et un cierge.
Un livre. C’est celui de la Parole de Dieu. Pour que cette Parole soit nourriture au long de notre route terrestre.
Un cierge. Il a été allumé au cierge pascal. Pour que cette lumière éclaire notre route.
Qu’en avons-nous fait ?
Frères et sœurs, nous ne sommes pas livrés aux forces du mal, comme à
des serpents sournois et venimeux. Nous sommes sauvés et surtout du mal
suprême qu’est la mort.
La mort physique, temporelle. C’est notre espérance fondée sur la
résurrection du Christ. Rappelez-vous les paroles de Paul aux Ephésiens
: « Avec le Christ, Dieu nous a ressuscités… » (Eph 2, 6).
La mort physique, mais surtout, la mort de notre être profond. Ecoutons
cette profession de foi de Paul : « Dieu est riche en miséricorde ; à
cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions des morts
par suite de nos fautes, il nous a fait revivre avec le Christ. » (Eph
2, 4-5).
Revivre…
Profitons de ce carême pour nous convertir, reconnaître nos fautes, afin de revivre au matin de Pâques.
Alors, notre eucharistie sera vraiment une action de grâce.
Amen.
Georges AILLET, prêtre.
Paroisse Ste Anne-St Clair NANTES
18 mars 2012
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