Gaudete, Réjouissons-nous !
Je ne vais vous pas vous chanter la chanson « Ya de la joie » mais quand même !
Nous sommes le 3ieme dimanche de l’avent, celui de la joie, on se rapproche de la Bonne Nouvelle, la venue de Jésus. Les bougies de l’avent nous montrent le chemin qui doit éclairer nos vies. L’Esperance, la paix, la joie, l’amour. Une lumière pour chaque Dimanche.
Voyez autour de nous, tout s’éclaire, tout s’illumine, nos villes, nos rues, nos maisons ; et notre cœur ? Est-ce qu’il s’illumine lui aussi ?
N’est-ce pas le bon moment de dépoussiérer joyeusement nos vies ? et de se poser la question : qu’est ce qui m’empêche de me laisser toucher pleinement par la joie du Christ ? Qu’est ce qui me manque pour être Signe de Joie et de Paix ?
Le pape François parlait dans une homélie, du bon plat de la vie, « quand tu prépares un bon plat, s’il manque du sel, tu en ajoutes, et s’il manque de l’huile tu en ajoutes » et nous tous pendant ce temps de patience qu’est l’avent, que devrions-nous ajouter dans nos vies ? Un peu de paix, un peu de justice, un peu d’espérance, un peu d’amour, un peu de joie, qu’est ce qu’on ajoute ?
Quelles sont les actions simples que nous pouvons porter ? Quel acte de foi allons-nous poser ? pour être des artisans de paix et de justice ?
Un pardon, un merci, un sourire, un comment vas-tu ? un de quoi as-tu besoin ? une prière, un je t’aime, une main tendue, vivre le sacrement du pardon ? il n’y a pas de paix sans justice, et il n’y a pas de paix sans pardon, et le pardon mène à la joie.
Dans la 1ere lecture, le prophète Isaïe parle « de vengeance de Dieu ». Ne nous trompons pas, le mot vengeance dans ce contexte est dans le sens « promesse du salut », la revanche est contre le mal qui atteint les hommes, sa vengeance c’est la suppression du mal, Dieu vient nous sauver. A commencer par nous libérer de nos chaînes, nos murmures intérieurs qui trop souvent nous emprisonnent : agacement, colère, jalousie, calomnie, rancœur, toutes ces plaintes qui nous éloignent du Christ et nous empêche d’être en communion fraternelle ; le juge est à notre porte, et il nous faut être patient, comme partagé dans la 2ème lecture de Saint Jacques, et patience rime avec espérance.
Alors pourquoi ne pas jeter un regard sur nos limites à commencer dans nos relations aux autres ? Si on ressent que les autres nous énervent, il est fort possible que nous les énervions aussi, alors on fait quoi ? Pourquoi ne pas commencer par accepter les autres tels qu’ils sont, pour qu’ils nous acceptent eux aussi tel que nous sommes, ne jugeons pas et nous ne serons pas jugés, et prions les uns pour les autres, nous avons besoin de nous soutenir les uns les autres, et de nous réjouir les uns pour les autres, car la joie est contagieuse.
La bonne nouvelle est annoncée à tous et d’abord aux pauvres, comme il est écrit dans le psaume « le Seigneur fait justice aux opprimés, aux affamés il donne le pain, il redresse les accablés, le seigneur aime le juste, il protège l’étranger, il soutient la veuve et l’orphelin ». Et Jésus nous le rappelle dans l’évangile de ce jour, « les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres ». Jésus ne s’adresse pas qu’à Jean le Baptiste, il s’adresse à nous tous, il nous faut préparer le chemin, il ne tient qu’à nous des construire des ponts de paix et de justice, il nous éclaire sur le vrai visage de Dieu, un Dieu avec les Hommes au service des Hommes.
Les pauvres reçoivent la bonne nouvelle… et à chaque fois que nous intervenons pour aider un pauvre, quelle que soit sa pauvreté, dans nos familles, dans notre communauté paroissiale, auprès des personnes fragiles ou isolés, nous sommes à l’image de Dieu « A chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait (Matthieu 25,40) »
Nous sommes les bras de la consolation du Christ ; et nous apportons, de la paix, de la joie, de l’espérance, de la justice à chaque fois, que nous NOUS comportons comme des porteurs de la joie du Christ.
À Aigrefeuille, lors d’une homélie, j’avais partagé qu’autrefois, on gardait une place vide à la table de Noël. On appelait cela la place du pauvre, on la gardait pour celui qui était seul ou dans le besoin. Cette place nous rappelait que même Marie et Joseph n’avaient pas eu de place à Bethléem. Et pourtant, ce sont Marie et Joseph que nous contemplons dans l’attente de la venue de l’enfant Jésus dans nos crèches.
Quand j’étais enfant, mon regard était en toute franchise plus concentrée sur le pied du sapin que sur la crèche qui était à côté. Bien-sûr cela fait toujours plaisir de recevoir un livre, un jeu, ou autre chose ; néanmoins depuis ma conversion, mon regard s’est déplacé du Sapin vers la crèche, et depuis j’ai compris une chose, que le plus beau des cadeaux, c’est Jésus, car un c’est joyau qui inonde nos cœurs ; il est la source de la Paix, la Paix vient de Dieu.
Quand je regarde la crèche, je suis toujours profondément touché par la posture de Marie et Joseph, Marie et Joseph sont signes de joie, d’espérance, de patience, de paix, d’amour, et ils nous rappellent que la Famille est un « bien » précieux.
C’est pourquoi, je vous invite frères et sœurs à vous arrêter un moment devant la crèche, et de prendre le temps de regarder Marie et Joseph, et de voir combien ils sont signes de paix, de justice et de joie !
Ouvrons nos cœurs, et réjouissons-nous !
Amen !
François PROUX, diacre permanent
Boussay et Clisson, Paroisse Ste Marie du Val de Sèvre
14 décembre 2025