Is 49, 3.5-6 ; Ps 39 ; 1 Co 1, 1-3 ; Jn 1, 29-34
Dimanche dernier, nous avons célébré le baptême de Jésus. Le passage de l’évangile selon Saint Matthieu commençait ainsi : « Alors paraît Jésus. » Pour l’Eglise, cet événement marque la fin du temps de Noël. Aujourd’hui, c’est le 2ème dimanche du temps ordinaire : Jésus paraît ! C’est le début de son ministère. Pourtant, vous l’avez remarqué : dans l’évangile du jour, Jésus n’ouvre pas la bouche ! Personne ne le connaît. C’est Jean-Baptiste qui parle… A deux reprises, en parlant de son cousin, il déclare : « Je ne le connaissais pas ». Et pourtant, il devait en savoir des choses… lui, Jean, fils du prêtre Zacharie et fils d’Elisabeth, une descendante du grand-prêtre Aaron. Il avait probablement été à bonne école.
Il connaissait certainement le texte d’Isaïe que nous venons d’entendre. Aujourd’hui, dans le serviteur évoqué par le prophète, l’Eglise voit aussi bien l’appel adressé au peuple d’Israël que la mission confiée plus tard au Messie attendu. En tous, Dieu veut manifester sa splendeur. A tous, il donne sa force et sa confiance pour rassembler le peuple croyant dans l’unité. De tous, il veut faire la lumière des nations pour annoncer son salut jusqu’aux extrémités de la terre.
Jean-Baptiste savait probablement tout cela. D’ailleurs, voyant Jésus venir vers lui, il reprend à son compte les mots du prophète Isaïe : « Si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël ». Pour en parler, Jean utilise trois expressions : l’homme qui est passé devant moi, l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, le Fils de Dieu sur lequel sur lequel j’ai vu descendre l’Esprit Saint. Et pourtant, de Jésus, il dit « Je ne le connaissais pas ». Et ce dont Jean-Baptiste est appelé à témoigner, c’est sans doute qu’il y a une différence entre savoir quelque chose et connaître quelqu’un.
De son côté, Paul était un pharisien érudit, un militant juif très pratiquant qui avait combattu très activement le nom de Jésus le Nazaréen. Sa rencontre imprévue avec Jésus sur le chemin de Damas l’avait conduit à entendre l’appel de Dieu formulé par Ananie, un homme religieux selon la Loi, qui lui déclare : « Le Dieu de nos pères t’a destiné à connaître sa volonté, à voir celui qui est le Juste et à entendre la voix qui sort de sa bouche. Car tu seras pour Lui, devant tous les hommes, le témoin de ce que tu as vu et entendu. » A contre-courant de son premier engagement, c’est bien sa rencontre avec Jésus qui pousse Paul à entendre l’appel reçu pour devenir apôtre du Christ. Dans les premiers mots de sa lettre à la jeune Eglise de Corinthe, il témoigne de cet appel et il le répercute auprès tous ceux qui invoquent le Seigneur. Ce qu’il savait du Messie attendu par le peuple juif a fait place à la personne qu’il a rencontrée. Et certains versets du psaume ont peut-être pris un sens nouveau pour lui : « D’un grand espoir, j’espérais le Seigneur. Il s’est penché vers moi. […] Tu ne demandais ni holocauste ni victime, alors j’ai dit ! Voici, je viens ! […] Dans le livre est écrit pour moi ce que tu veux que je fasse. […]»
Finalement, les trois textes de ce dimanche nous présentent successivement un serviteur de Dieu, un apôtre du Christ et Jésus lui-même… à travers les mots de Jean-Baptiste : Chacun de ces textes exprime un appel ; j’en souligne quatre :
Préparons-nous maintenant à recevoir celui que Jean-Baptiste nous présente comme l’Agneau de Dieu, le Fils de Dieu, qui a voulu prendre notre humanité pour nous faire entrer dans sa divinité.
Hubert PLOQUIN, diacre permanent
Paroisse des Bienheureux Célestin et Michel en Val de Cens (44)
Le 18 janvier 2026